Par Julien Tendil
Nouvelle jeunesse ? Seize mois d’attente depuis la fin de la saison 6 et des promesses de renouvèlement annoncées comme permettant à la série de sortir enfin d’un certain ronronnement scénaristique : promesse tenue ?

Notre avis. Ce renouvèlement esquissé par un téléfilm prequel se déroulant en bonne partie en Afrique, on l’attendait sans l’impatience qui accompagnait l’attente d’une nouvelle saison, mais avec tout de même une certaine excitation. Etait-il possible d’insuffler un vrai changement cohérent à une telle mécanique scénaristique ? Après visionnage des quatre premiers épisodes, il ressort en tout cas que les scénaristes de la série n’y sont pas parvenus, si ce n’est par le biais de recettes plus ou moins faciles et artificielles.

La seule véritable bonne idée est le déplacement de l’action qui quitte enfin Los Angeles pour la capitale Washington. Un déplacement géographique pas anodin, qui inscrit la série dans le centre du pouvoir américain, un pouvoir dont 24 a régulièrement représenté les pires dérives, celles de l’exécutif américain et les manigances du complexe militaro-industriel. Reste à voir comment il sera exploité sur la longueur. Comme promis, finies donc les scènes à la CTU, un pan de la série qui s’était vidé de toute substance depuis plusieurs saisons quant aux personnages et à un défilé de situations déjà vues et devenues purement usuelles ? Pas vraiment. L’open-space de la cellule anti-terroriste est remplacé par un sobre bureau du FBI, plus petit, avec des bocaux où les analystes travaillent, petite salle de conférence et un matériel loin d’être aussi à la pointe que celui de la CTU. Nous sommes dans une CTU low tech, ni plus ni moins, ça change c’est sûr mais on ne peut pas parler de renouvèlement en la matière, au contraire.

Et déjà des scènes entre collègues qui ne rappellent rien de bon réapparaissent, avec chamailleries, violations du protocole, suspicion, qui est la taupe ? etc. Heureusement ces passages sont distillés à petite dose, leur place a définitivement diminué pour laisser plus d’espace à l’action brute sur le terrain et aux intrigues de pouvoir à la Maison Blanche. Peu de morceaux de bravoure et de mise en scène aussi, si ce n’est une cascade impressionnante de Jack dans un parking, les fusillades sont chorégraphiées et filmées sans inventivité ni réel enthousiasme. Le retour de Tony fait plaisir (ou sourire c’est selon) même s’il frôle le jump the shark car très peu crédible scénaristiquement, et si les nouveaux venus du casting apportent un vrai sang neuf, on a malgré tout l’impression de naviguer dans un 24 au rabais. Seul réel motif d’espoir pour une saison réussie, que la série soit plus politique que jamais, ce qui semble être le cas avec la volonté clairement affichée par ces premiers épisodes de se pencher encore plus profondément qu’auparavant sur les collusions entre les plus hautes sphères de l’Etat américain, les sociétés d’armement et le terrorisme.