Dernière ligne droite. The L Word entre dans sa sixième et ultime saison. Déjà cinq ans que le show d'Ilene Chaiken montre des filles qui s’aiment à la télévision. Même si la série manque d’inventivité narrative et formelle, même si elle connaît souvent des baisses de régime, son apport culturel est incontestable, tout comme notre attachement à ses héroïnes.

L’histoire. La saison s’ouvre sur la disparition d’un des personnages clé, retrouvée sans vie dans la piscine. Les sept épisodes suivants consisteront en un long flash-back retraçant sur une période de trois mois les évènements qui ont mené à cette issue fatale.


Notre avis. Passé le choc de la première séquence (relatif, l’info circulait partout depuis des semaines), qui place cette sixième saison sous des augures funestes, on retrouve les ingrédients qui font de The L Word un soap à la fois confortable (pas de surprises) et lassant (pas assez de surprises). Amitié, sexe et relations de couple… L’irrésistible mais prévisible Shane, qui regrette toujours trop tard, trahit cette fois la confiance de Jenny, laquelle délivre une des scènes d’hystérie dont elle a le secret, vengeance tordue à la clé. Bette et Tina ressassent leurs vieux débats sur la fidélité en robes du soir dans leur salon, tout en assumant main dans la main leurs responsabilités parentales quand leur fillette a de la fièvre. Le tout pendant qu’Alice dégaine son charme enfantin pour prouver à Tasha qu’elle l’aime malgré leurs différences. Kit et Helena, négligées par les scénaristes, ne font que passer. Au fil de ces 54 minutes trop bavardes, ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent : Est-ce que fantasmer c’est tromper ? Doit-on se jurer fidélité ? L’amitié est-elle plus importante que l’amour ? Non pas que ça ne nous intéresse pas du tout, mais au bout de cinq saisons ces interrogations sans cesse renouvelées font l’effet d’un disque rayé. D’autant plus qu’au lieu de s’incarner dans des situations révélatrices et des images fortes, elles sont exposées par le menu dans des dialogues didactiques. Il y a pour tout dire dans cette litanie quelque chose qui nous a toujours légèrement agacé : un fond de psychologisme hygiéniste un peu pontifiant digne du premier coach venu, sur le mode prends-ta-vie-en-main-parlons-en-ça-ira-mieux. On a beau trouver Jenny pénible et Bette et Tina charmantes, on préfère finalement les débordements passionnels de la première à la rengaine lénifiante des secondes. C’est d’ailleurs quand la brune maniériste pique sa crise que la mise en scène décolle : la caméra dévore son visage meurtri, ses yeux troublés par les larmes, ses lèvres tremblantes. Une belle scène, qui ne suffit pas à donner à cet épisode l’ampleur qu’on attendrait d’une ouverture de dernière saison.