Les attentes. Pour l'ultime saison de The L Word – la série qui avait pour mérite de tendre un digitus impudicus au nez de l'Amérique puritaine et conservatrice – les attentes étaient au moins aussi grandes que son retentissement dans l'histoire de la télévision.

Le bilan. Déception. C'est le seul mot qui reste à l'issue de ces huit épisodes (au lieu des douze habituels). Déception de constater l'acharnement d'Ilene Chaiken à trucider ses personnages. Déception de ne pas voir une seule intrigue avec une conclusion digne de ce nom. Déception enfin et frustration face à un travail bâclé, à la limite de la nargue.

Alors plutôt que d'accabler – même à juste titre – la créatrice, rangeons-nous du côté des actrices. Toutes sublimes en combattantes un peu désespérées d'une partie perdue d'avance, elles avancent comme des funambules sur le fil du scénario, décidées à défendre jusqu'au bout la fierté de leurs personnages. Parmi toutes ces actrices découvertes ou ressuscitées, on ne saluera jamais assez la performance de Mia Kirshner qui aura tenu avec brio sur ces six saisons l'insaisissable personnage de Jenny Schecter, passée de petite chose torturée à grande névrosée irrésistiblement excentrique et hystérique. Et c'est d'ailleurs ainsi que se termine The L Word, dans un esprit confus et divaguant, ne sachant plus à quelle branche se raccrocher. Mais malgré ce petit goût amer d'inachevé, on gardera le souvenir d'une série qui, même avec toutes ses imperfections et ses inégalités, restera majeure simplement pour sa raison d'être.