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HBO : la boîte à séries

Vaste réseau câblé, HBO a réussit à imposer son nom dans l’histoire des séries comme le garant d’une qualité unique, une marque de fabrique aux titres de gloire inégalés.

       Not Necessarily the News, la premières série de HBO, en 1983

Vu de chez nous, HBO est une affaire simplissime. Les trois sacro-saintes lettres s’affichent sur fond grésillant au début d’une série, et cette dernière aura toute notre attention. Voila plus de quinze ans que ça dure, et rarement HBO ne nous a déçu. Pensez donc, Oz, The Wire, Six Feet Under, Les Soprano, Sex & The City, Carnivàle, Deadwood, Curb your Enthousiasm, Rome ou encore Big Love – sans parler de la dernière et malheureusement avortée John From Cincinnati, les séries HBO plafonnent à cinq étoiles au palmarès, quatre quand elles sont en petite forme. Le pourquoi d’une telle régularité dans l'excellence tient en une seule phrase, cheval de bataille des directeurs de la chaîne : La qualité avant l’audimat. Une devise incroyable de simplicité et terriblement réjouissante qui est le résultat d’une longue gestation…

HBO est née, dans sa forme moderne, en 1972, mais il faut remonter à 1965 pour en voir les prémisses. Charles Dolan lance cette année-là le premier système de télévision câblé des Etats-Unis. Il s’appelle le Sterling Manhattan Cable, et est rapidement financé par Time Life, futur Time Waner, actuel propriétaire de HBO. D’abord appelée la Green Chanel, la chaîne prend le nom de HBO, Home Box Office, le 8 novembre 1972. Son premier programme diffusé sera un match de hockey, suivit par… 365 abonnés de Pennsylvanie. Rentable à partir de 1977, HBO est d’abord limitée à 20.000 abonnés, puis disponible sur l’ensemble du territoire, avant de diffuser, dès 1981, 24 h sur 24h tous les jours de la semaine. Sa première série verra le jour en 1983. Ce sera Not necessarily the news, sorte de Grosse émission des Nuls avec sketches et parodies de l’actualité. Il faudra attendre 1990 et Dream On pour que la politique sérielle aujourd’hui en place chez HBO soit mise en marche.

           Dream On (1990), ou la première pierre de HBO à la révolution des séries...

Entre temps, pionnière en matière de technologie, diffusée par le satellite, HBO a développée une offre digne des plus gros bouquets satellites, dépassant largement le cadre des séries. Ses différentes chaînes, Cinemax, HBO Comedy ou encore HBO Family, proposent aussi bien des films que du sport, de la NBA à la boxe en passant par des documentaires. HBO est comparable, in fine, au bouquet CanalSat en France, « HBO » étant la chaîne Canal Plus elle-même – pour faire simple. Les deux chaînes partagent un même fonctionnement, reposant uniquement sur les abonnements, HBO n’ayant pas de tranches non cryptées, et donc pas de publicité du tout. Pas de publicité, donc pas de pression de l’audimat. Seul un tiers des foyers américains – au mieux – ont accès à la chaîne, il est donc impossible pour ses programmes de faire le poids face aux mastodontes des networks nationaux. Même Les Soprano, hit inégalé de HBO, qui a menacé, de loin, les programmes « gratuits », aurait été un flop sur NBC ou ABC – HBO refusant de communiquer ses chiffres d’audimat, on ne saurait être plus précis.

  Oz (1997). On n'avait jamais vu plus sombre, on attend encore une série plus dure...

De fait, c’est la qualité qui prime sur HBO. Chris Albrecht, ancien PDG de la chaîne, destitué au printemps dernier après que ses problèmes d’alcoolémie aient été rendus publiques, jurait en permanence que le mot « populaire » ne faisait pas parti de son vocabulaire. Selon lui, HBO « dépend des créateurs et de points de vue forts, contrairement à ce que font les grands networks. » De cette ambition découlent un fond et une forme des séries hors du commun.

Le fond d’abord ne s’interdit rien, ou presque. Pas de pubs, c’est un minimum de pressions. Le sexe, la violence, les sujets « délicats » ont toute leur place sur HBO. Côté forme, l’absence de pub permet une narration plus coulante, plus réaliste aussi, moins saccadée. Plutôt que de faire des saisons de 22 ou 24 épisodes, la chaîne opte pour du 12 à 15 épisodes – 18 pour Sex & The City, 12 en général. Chaque épisode fera 52 minutes, plutôt que les 42 habituelles.

                             Chris Albrecht, PDG de HBO de 2002 à mai 2007

Diffusées à travers la planète en « syndication » et en DVD, les séries de HBO sont plus vues à l’international qu’au national. Des chaînes HBO Asia, Hungary, Brazil ou encore Romania ont vues le jour sur les câbles nationaux. Des projets sont lancés en Europe de l’ouest, mais rencontrent l’hostilité compréhensible des chaînes déjà installées. Plus de 38 millions d’Américains sont actuellement abonnés à HBO, un chiffre qui n’a curieusement pas souffert de la fin des Soprano. Récompensée en 2007 par 21 Emmy et 3 Golden Globes, la chaîne, malgré les critiques – notamment sur l’annulation de John From Cincinnati et la qualité de certaines des séries les plus récentes – se prépare à passer en 2008 avec sa couronne de champion des séries toujours solidement accroché sur le chef. Sa principale concurrente payante, Showtime, avec Dexter, Weeds ou Californiaction, vient d’atteindre les 15 millions d’abonnés. Le compte n’y est pas encore, mais HBO a décidé, histoire de ne pas perdre la main, de renouveler une partie de ses séries. Au programme, In Treatment, produite par Mark Wahlberg, True Blood, la nouvelle série d'Alan Ball (le créateur de Six Feet Under) ou encore une adaptation du comic book Preacher dirigée par Mark Steven Johnson, le réalisateur de Ghost Rider…

    Les Soprano, le plus grand succès de HBO, et sa série fétiche, conclue en 2007. 

Les séries de HBO :

Les Soprano
Six Feet Under
Oz
The Wire
Carnivàle
Deadwood
Big Love
John From Cincinnati
Tell me you love me
The Hitchhiker
Les Contes de la crypte
Band of Brothers
Rome
 
Sex & The City
Curb your Enthusiasm
Entourage
Flight of the Concords
The Larry Sanders Show
Mr. Show
Da Ali G Show
Extras
Arli$$
Fraggle Rock
Dream On
Tracy takes on…

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Le numéro 15 de Générique(s) est disponible en kiosques et en ligne. Le Royaume-Uni est à l’honneur en couverture avec un dossier sur sa production, plus riche que jamais, qui en fait incontestablement l’autre pays des séries. Le zoom du mois porte sur Nip/Tuck, la série de Ryan Murphy ne fait pas l’unanimité auprès de la rédaction de Générique(s), qui décortique les cinq saisons de la série provoc de FX. Egalement au menu : Jean-Pierre Jeunet rend son verdict sur Pushing Daisies. Alors ? Hommage ou plagiat de son Amélie Poulain ? La réponse dans nos pages. L’écrivain George Pelecanos revient sur son expérience en tant que producteur et scénariste sur The Wire alors que Cynthia Mort nous parle de sa série, Tell me you love me.  Rayon cahier critique, 30 Rock est la sortie du mois, accompagnée entre autres de Destination Danger, Doctor Who ou encore How I met your mother. Pour terminer en beauté ce numéro : l’analyse du générique du Prisonnier, un portrait du ténébreux Jack Malone et plein d’autres choses encore. Bon Générique(s) à vous.