KiosqueArchivesForum
Chaines
Envoyer cet article à un ami

FX : le "petit" network qui monte

Propulsée par The Shield et Nip/Tuck, cette filiale de la Fox se fait progressivement une place de choix aux côté de HBO et Showtime.

            The Shield, le premier succès de FX, et sa série la plus récompensée.

Rien à voir avec les effets spéciaux, et pourtant. FX (pour Fox eXtended networks), doit beaucoup, de notre côté de l’Atlantique, à Nip/Tuck, où les effets de découpage et autres sutures sont particulièrement soignés. A la différence de HBO et de Showtime, ses concurrentes du câble, qui possèdent des catalogues de films et d’événements sportifs conséquents, le network ne s’est construit qu’autour des séries, et d’une grosse dose de talk-show enregistrés en live. Particulièrement jeune, il n’a véritablement décollé qu’avec The Shield, son premier hit, en 2002.

FX a connue plusieurs moutures avant d’atteindre sa forme actuelle. La première d’entre elles est lancée en juin 1994, et émettra trois ans durant depuis un studio de Manhattan déguisé en appartement. Son créneau : l’interactivité avec les téléspectateurs. FX sera ainsi la première chaîne américaine à diffuser en direct les réactions des téléspectateurs, via internet ou par simple courier. « Petite » chaîne, diffusée localement, la FX de cette époque invite ses téléspectateurs, qui forment une communauté soudée, à visiter ses studios quotidiennement. Les séries sont déjà au programme de la chaîne, mais uniquement en rediffusion, l’immense majorité d’entre elles étant de vieux succès des années 70 et 80…

Début 1997, FX adopte le slogan « Fox Gone Cable » pour se rapprocher de sa maison mère. L’accent est alors renforcé sur les séries, mais les moyens sont encore trop limités pour produire des nouveautés. C’est donc le catalogue de la Fox qui défile à longueur de journée, des X Files à Marié deux enfants en passant par Buffy contre les vampires. Peu à peu, FX précise ses envies, et s’oriente vers les séries. En 2002, elle se lance dans la programmation originale, et devient la branche « indépendante » de la fiction chez la Fox. En six ans, jusqu’à aujourd’hui, elle va se faire une place de choix dans le paysage sériel, contribuant à sa révolution, et raflant quelques Emmy au passage.

    Julian McMahon et Dylan Walsh dans Nip/Tuck, la plus troublante des séries FX

Le nouveau visage de FX pointe le bout de son nez le 12 mars 2002 et s’appelle The Shield. Avec sa série policière d’un nouveau genre, violente et ultra réaliste, la chaîne donne un coup de vieux à toutes ses concurrentes. Dès sa première saison, son acteur vedette, Michael Chiklis, un inconnu, emporte l’Emmy du meilleur premier rôle. Il empochera un Golden Globe l’année suivante. En 2003, dans sa lancée, FX programme Nip/Tuck, et s’inscrit définitivement dans une vague originale, provocatrice et de fait enthousiasmante. La série, acclamée autant qu’elle sera contestée, devra attendre deux saisons pour recevoir, en 2005, le Golden Globe de la meilleure œuvre dramatique. Désormais dans le rythme, FX continue de proposer une nouvelle série de qualité par an. En 2004, ce sera Rescue me, plongée décalée dans le quotidien de pompiers New-yorkais survivants du 11 septembre.

La saison 2005 de FX passera en revanche inaperçue aux yeux français. Deux séries sont alors lancées. La première, Starved, qui tourne autour de la vie professionnelle et personnelle de quatre amis New-yorkais atteints de désordres alimentaires – anorexie, boulimie, etc. – ne tiendra pas plus de sept épisodes, malgré un scénario pour le moins surprenant – et soulèvera au passage la colère des associations de « personnes à forte corpulence », entre autres. La seconde, It’s always sunny in Philadelphia, totalement inconnue chez nous, est toujours en production. Cette sitcom résolument trash et barrée sur la vie de propriétaires d’un pub irlandais à Philadelphie – avec au casting le génial Dany de Vito – a rencontré dès ses premiers épisodes un franc succès. En parallèle de ces séries, le réalisateur et acteur de Super Size Me, Morgan Spurlock, lance à l'été 2005 30 days, une série documentaire à la « vie ma vie » -- en nettement plus impertinente et plus drôle -- où il plonge ses invités pendant trente jours dans un monde qui leur est totalement opposé – un millionnaire à l’usine, un chrétien chez les musulmans, etc.

        Dirt, ou le grand retour de Courteney Cox, trois ans après la fin de Friends

Après une saison 2006 marquée par l’échec de Thief, une série sur les exploits d’un voleur de la Nouvelle-Orléans, qui ne dépassera pas les six épisodes, FX a retrouvé du poil de la bête en 2007, avec trois nouveaux projets tous prolongés pour une seconde saison. Le premier d’entre eux, Dirt (diffusé sur Jimmy en France), annoncé à grands renforts de publicités, tout entier porté par le retour de Courteney Cox, nous plonge dans le milieu de la presse people de Los Angeles. Le second, The Riches (également sur Jimmy), met en scène une famille d’escrocs qui, usurpant l’identité d’une autre famille, tuée lors d’un accident de la route, se refait une petite vie tranquille. Le troisième enfin, Damages (sur Canal Plus), avec Glen Close, désormais figure de proue de la chaîne, est un thriller légal à suspens plébiscité par la critique. Ces trois séries ont toutes obtenues des audiences satisfaisantes, et connaîtront, dès la fin de la grève des scénaristes, une seconde saison.

             Glen Close (à gauche) dans Damages, nouvelle figure de proue de FX

Diffusée dans une quinzaine de pays à travers le monde, FX joue donc désormais à fond la carte du sulfureux, de la provocation, qui lui a réussie depuis The Shield et Nip/Tuck, ses premiers succès. Elle est ainsi devenue la cible favorite des associations parentales américaines, dont le fameux Parents Television Council, qui a lancé trois campagne de dénigrement visant Nip/Tuck, The Shield et Dirt, la première s’étant soldée par le retrait d’un certains nombre de publicitaires des épisodes de la série. Financée, à la différence de ses concurrentes HBO et Showtime, par la publicité, FX est en effet plus vulnérable à ces attaques. Si The Shield touche à sa fin avec une septième saison qui devrait être diffusée à la fin du printemps 2008, Nip/Tuck et Dirt se portent en revanche à merveile, et devraient conâître encore quelques saisons heureuses. Dirt sera bientôt diffusé sur France 4, et Nip/tuck est toujours programmé sur M6, qui attend de diffuser sa cinquième saison.            

Mot de passe oublié ?

RECEVEZ CHEZ VOUS

 

 

Le numéro 15 de Générique(s) est disponible en kiosques et en ligne. Le Royaume-Uni est à l’honneur en couverture avec un dossier sur sa production, plus riche que jamais, qui en fait incontestablement l’autre pays des séries. Le zoom du mois porte sur Nip/Tuck, la série de Ryan Murphy ne fait pas l’unanimité auprès de la rédaction de Générique(s), qui décortique les cinq saisons de la série provoc de FX. Egalement au menu : Jean-Pierre Jeunet rend son verdict sur Pushing Daisies. Alors ? Hommage ou plagiat de son Amélie Poulain ? La réponse dans nos pages. L’écrivain George Pelecanos revient sur son expérience en tant que producteur et scénariste sur The Wire alors que Cynthia Mort nous parle de sa série, Tell me you love me.  Rayon cahier critique, 30 Rock est la sortie du mois, accompagnée entre autres de Destination Danger, Doctor Who ou encore How I met your mother. Pour terminer en beauté ce numéro : l’analyse du générique du Prisonnier, un portrait du ténébreux Jack Malone et plein d’autres choses encore. Bon Générique(s) à vous.