HBO : Gandolfini rend hommage aux vétérans
Depuis le 9 septembre dernier, le site officiel de HBO propose gratuitement aux internautes, l’excellent documentaire sur les vétérans estropiés de la guerre. Leurs blessures émotionnelles et physiques depuis ce jour dramatique où leur vie a basculé. Produit par Attaboy Films, société créée par Gandolfini avec la productrice Alexandra E. Ryan en 2006, il est le troisième d’une série consacrée au conflit, après Baghdad ER, qui a reçu un Emmy et un Peabody award, et Dernières lettres à la maison : Voix des troupes américaines depuis les champs de bataille d’Irak.
Ce film est un hommage à cette nouvelle génération de vétérans. Pour les représenter, dix hommes et femmes (6 de l’armée de terre et 4 marines) âgés de 21 à 41 ans, tous rescapés et gravement handicapés. Leurs souvenirs du fameux instant où ils échappèrent d’un rien à la mort, leurs craintes, leurs espoirs, leur souffrance commune. Intimiste, cette succession d’entretiens en face à face, organisés à New York dans un cadre feutré, presque noir, est agrémentée d’images d’archives. Personnelles ou officielles. Films de journalistes embarqués des unités au moment où elles étaient attaquées, extraits de cassettes réalisées par des insurgés, clichés médicaux, leurs récits sont tous replacés dans leur contexte de violence.De la même manière, un certain nombre de statistiques sont égrenées tout au long de ces 56 minutes de confessions les yeux dans les yeux. Citons-en ici quelques-unes. D’abord celle-ci : le pourcentage d’amputés rentrés au pays est le plus important depuis la guerre de Sécession. Pour la première fois dans l’histoire américaine, 90 % des blessés survivent à leurs blessures. Mais – et c’est tout le propos du film – plus de 90 % d’entre eux quittent l’armée amputés, avec de graves blessures cérébrales et de stress post-traumatique sévère la plupart du temps. Dans plus de la moitié des cas, ces blessures les condamnent à se retirer définitivement de l’armée, sans véritables perspectives de retour à la vie civile professionnelle du fait de leurs multiples handicaps.Attention toutefois à éviter la méprise. Républicain, James Gandolfini, qui était allé avec l’acteur Tony Sirico (ndlr : qui joua à ses côtés le rôle de Paulie Guatierri dans Les Soprano) soutenir les boys en 2004 dans le cadre de l’USO, ne se pose pas ici en partisan dans le débat pro/anti guerre qui divise de plus en plus l’opinion américaine. Son regard est d’abord celui d’un observateur respectueux et admiratif.
De ce côté-là, l’intention est remarquablement servie par la directrice du département documentaires de HBO, Sheila Nevins (18 Emmies) et les deux réalisateurs (aussi producteurs) Jon Alpert (3 Emmies) et Ellen Goosenberg (4 Emmies) qui étaient déjà sur Baghdad ER (2006).Loin de la politique et des polémiques, ce documentaire remarquable permet de toucher du doigt les souffrances de ces hommes et de ces femmes. En toile de fond, un seul message : à défaut d’être pour cette guerre et ceux qui l’ont décidée, respectez au moins ceux qui la font. Ceux qui sont tombés. Comme ceux qui en sont revenus. Changés à jamais. Car ces morts vivants témoignent d’abord des horreurs de la guerre plus qu’ils ne la glorifient. C’est brut, c’est franc, c’est simple, direct, sans sous-entendus ou publicité déguisée. A voir absolument [Voir le documentaire].Annuaire
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Depuis le 9 septembre dernier, le site officiel de HBO propose gratuitement aux internautes, l’excellent documentaire sur les vétérans estropiés de la guerre. Leurs blessures émotionnelles et physiques depuis ce jour dramatique où leur vie a basculé. Produit par Attaboy Films, société créée par Gandolfini avec la productrice Alexandra E. Ryan en 2006, il est le troisième d’une série consacrée au conflit, après Baghdad ER, qui a reçu un Emmy et un Peabody award, et Dernières lettres à la maison : Voix des troupes américaines depuis les champs de bataille d’Irak.