1x1 - Pilot
On a coutume de dire qu’un grand pilote fait rarement une mauvaise série. Dans ce premier Veronica Mars, il y a en germes tout simplement de quoi accoucher d’un des meilleurs shows adolescents de ces dernières années. Peut-être parce que comme son aîné et modèle, Buffy, elle a la sagesse de prendre les jeunes pour ce qu’ils sont : des adultes en devenir. Bon, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, et le casting n’échappe pas au festival de belles gueules avec héroïne au physique avenant (charmante Kristen Bell) et garçons en petits pulls moulants. Mais c’est là la seule concession notable aux commerciaux de la chaîne UPN, qui produisit avant de devenir The CW cette série.
Le ton, lui, est résolument adulte, à l’image des mots choisis par Veronica pour nous raconter en voix off sa « so-called life » comme le faisait il y a des années une autre lycéenne très mûre, celle d’Angela, 15 ans. À son corps défendant, Veronica a été sommée de grandir trop vite. La blonde candide qu’elle se souvient avoir été dans de nombreux flashbacks a cédé la place à une jeune femme endurcie. Tout cela à cause d’un drame qui a marqué la petite station balnéaire où elle vit, Neptune. Un an auparavant, sa meilleure amie et accessoirement fille du magnat de la ville, Lilly Kane, a été retrouvée assassinée. Depuis, l’existence toute entière de Veronica a basculé. Son père alors sheriff respecté a eu le malheur d’accuser le riche géniteur de la victime et s’est vu retirer son job. Sa mère a quitté du jour au lendemain le foyer sans laisser d’adresse. Son petit ami, Duncan, le frère de Lilly, l’a quitté et lui bat froid. De populaire, Veronica est devenue une paria. Vraiment trop dur, mais en basculant dans le camp des dominés, elle a au moins pris conscience des injustices criantes qui minent Neptune jusque dans la cour du lycée, puisque entre gosses de riches arrogants et fils de prolos avides de revanche sociale, la guerre fait rage au quotidien.
Plutôt que de se morfondre sur son sort, la blonde rebelle a décidé de prendre part à sa façon à la lutte des classes : en enquêtant aux côtés de son père, désormais modeste détective privé, pour le compte de ceux parmi ses camarades de classe qui ont à souffrir des injustices. Ici Veronica vient en aide à son nouvel ami Wallace en jouant des rivalités entre bandes antagonistes, celle de Logan, l’insupportable fils à papa, et celle de Weevo, le biker latino écorché vif. Veronica y déploie des trésors d’habileté pour mener à bien un plan brillamment conçu. Et dès ce pilote, on comprend que ce qui va occuper le gros du temps de Veronica tout au long de la saison, c’est bien sûr le meurtre de Lilly. Drame familial, intime et policier à la fois, ce crime jette les bases d’une mythologie puissante. De planques en filatures, la petite Mars va tenter de réhabiliter son honneur et de faire la lumière sur l’insondable mystère. Dès la première révélation, on meurt d’envie d’en savoir plus. Alors vite, la suite.


RECEVEZ CHEZ VOUS
Le numéro 17 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, Lost et son personnage clef, livraison et éclairage scénaristique avec Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux showrunners de la série. En bonus : les interviews de Naveen Andrews (Sayid) et Jorge Garcia (Hugo). Pour l’été, la rédaction vous propose un zoom de près de 20 pages sur les X-Files de Chris Carter, et vous offre en prime un entretien avec le maître. Côté dossier : une radiographie conséquente du soap-opera. Egalement au programme de ce double numéro estival : les confessions de Tim Kring, créateur de Heroes qui revient sur l’échec de la saison 2 de sa série comic. Au rayon cahier critiques, Big Love (saison 2), Californication (saison 1), Engrenages (saison 2), mais aussi Meadowlands, Dirt, The L Word, The Office, My name is Earl, et les principales autres sorties de l’été. Enfin, côté Points de Vue : le générique de The L Word, un gros plan en forme de confrontation musicale au sommet entre David Bowie et Mick Jagger, les portraits de Gaïus Baltar (Battlestar Galactica) et Joséphine Karlsson (Engrenages), une séquence de [MI-5], un tour d’horizon de l’Italie et un Ma Série et moi par Emma de Caunes. La rédaction de Générique(s) vous donne rendez-vous pour une nouvelle saison à la mi-septembre.

On a coutume de dire qu’un grand pilote fait rarement une mauvaise série. Dans ce premier
Plutôt que de se morfondre sur son sort, la blonde rebelle a décidé de prendre part à sa façon à la lutte des classes : en enquêtant aux côtés de son père, désormais modeste détective privé, pour le compte de ceux parmi ses camarades de classe qui ont à souffrir des injustices. Ici Veronica vient en aide à son nouvel ami Wallace en jouant des rivalités entre bandes antagonistes, celle de Logan, l’insupportable fils à papa, et celle de Weevo, le biker latino écorché vif. Veronica y déploie des trésors d’habileté pour mener à bien un plan brillamment conçu. Et dès ce pilote, on comprend que ce qui va occuper le gros du temps de Veronica tout au long de la saison, c’est bien sûr le meurtre de Lilly. Drame familial, intime et policier à la fois, ce crime jette les bases d’une mythologie puissante. De planques en filatures, la petite Mars va tenter de réhabiliter son honneur et de faire la lumière sur l’insondable mystère. Dès la première révélation, on meurt d’envie d’en savoir plus. Alors vite, la suite.