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La Commune
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1x3 - Hérédités

Ce troisième épisode s’ouvre sur un flash-back. Isham déambule dans son appartement vide et se revoit enfant, dans un logement semblable, aux côtés d’une mère alcoolique affalée sur un canapé, les yeux rivés sur l’écran de télévision. Livré à lui-même, il se coupe un morceau de fromage et fume une cigarette devant celle qui n’est plus sa protectrice. Une première explication sur ce qu’il est devenu se dessine, à savoir l’absence de repères qui l’a conduit à en chercher d’autres. Le spectateur le suit dans son errance et celle de ses deux acolytes, Mohamed et Housmane. Les trois mômes sont convoqués par le boss de l’époque, Rhida, qui les oblige à assister à l’exécution de son lieutenant dans la fameuse cave, nid des trafics de la cité. Dans le jeu de regards entre le jeune Daoud et le mafieux, se lit, déjà, la passation de pouvoir.

Les retours en arrière consolident ces 52 minutes et en forment les piliers. Le spectateur plonge dans le passé d’Amadi et de Housmane, essentiellement. Sur la base de ces deux anti-héros, une toile se forme et les différentes connexions qui relient les personnages principaux se dévoilent avec plus de clarté. On y apprend comment Daoud réussit à devenir le chef auto-proclamé des lieux, par opportunisme et en se servant de la crédulité des autres. A la fin, le conteur Hocine définit parfaitement sa méthode en citant l’extrait d’un comic book. Le Caïd dit à Spider-Man : « Je fais mon beurre sur le revers des honnêtes gens. »
 
On passe peu de temps, finalement, dans la Commune actuelle. Ici, l'auteur préfère détailler la jeunesse des protagonistes pour le déroulement des intrigues. François, pas encore prénommé  Isham, tue, lors d’une empoignade brutale, Rhida. Housmane en profite pour se saisir du pouvoir. Ce coup d’état imprévu montre la volonté de puissance qui l’habite déjà. Ce dernier va jusqu’à organiser une rencontre prétexte avec les deux flics ripoux associés au trafic pour les tuer de sang froid. En fin stratège, il se débarrasse des obstacles à son ascension. Le personnage dévoile là toute sa cruauté et semble sans foi, ni loi. Bien que François, son bras droit naturel, détienne la même force de caractère, celui-ci se montre  plus moral. Par exemple, il vole des bandes dessinées dans la papeterie du coin juste pour faire plaisir à un gamin. Alors que  Daoud écarte Mohamed de son équipe, le jugeant trop faible, Lazare tente de l’y garder, la preuve d’une certaine fidélité en amitié. Principe qui aurait pu le conduire sur une autre voie que celle empruntée si l’environnement social avait été favorable. Mais colère et idéal de justice ne font jamais bon ménage. Et le cœur du personnage central en est, déjà, remplit. Sa sensibilité, quant à elle, est sélective. Le spectateur surprend sa froideur à plusieurs reprises. Ses yeux ne sillent pas devant l’exécution du lieutenant de Rhida, ni devant le meurtre des policiers, ni même devant son propre crime. En raison de sa nature trop torturée, François inspire davantage la peur que Daoud, censé être pourtant plus impressionnant aux vues de son ambition macabre et de son absence de principes. Mais avec lui, au moins, on sait à qui on a affaire. C’est un bad guy, ne s’en cache pas et l’assume. A la différence du futur Amadi qui est à la fois doux et agressif. On ne sait pas comment le prendre tant l’éventail de sa personnalité est large et recèle de traits a priori incompatibles.
Autres points de l’épisode, avec la tuerie du bac à sables, on apprend qui est le véritable meurtrier du père de Denis Moreau et on suit les premiers pas de Lazare vers sa reconversion, lorsqu’il trouve refuge chez l’Imam du quartier, le père d’Ibrahim El Hadj.         

Critiques   article(s)

1x8 - Au nom du Père (879 mots)
1x5 - Compassion (830 mots)
1x4 - Contre nature (890 mots)
1x2 - Chacun pour soi (810 mots)
1x1 - Visite guidée (805 mots)

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