KiosqueArchivesForum
La Commune
Envoyer cet article à un ami

1x4 - Contre nature

Bien qu’il ne soit pas construit autour, cet épisode s’ouvre comme le précédent sur un flash-back. Mohamed et le jeune Lazare sont arrêtés pour le meurtre présumé des deux ripoux. François assiste, encore, à une scène d’une rare violence, son ami se suicide devant ses yeux dans le bureau du procureur. Ce dernier incarnait le maillon faible du premier trio de La Commune. Dans l’intrigue actuelle, Daoud n’hésite pas à accuser Isham de cette perte, en lui disant : « Le seul que t’as eu (ami), tu l’as tué. J’t’avais dit de pas venir avec Mohamed, il a toujours été plus fragile que nous deux et ça tu le savais. »


Amadi lui répond que c’est une dette qu’il pourra peut-être effacer dans l’autre vie. Cette première confrontation directe entre les deux piliers de la cité nous renseigne sur le contrôle que chacun a sur l’autre et éclaircit le mystère du personnage central. Housmane est redevable envers son ancien partenaire qui ne l’a pas dénoncé à la police, il y a 20 ans. Le spectateur trouve une autre explication à la foi d’Isham, sa volonté de racheter la mort de son ami dont il se sent responsable.

Par ailleurs, on se rend compte à quel point l’instinct de survie est aiguisé à La Commune. Les personnages se servent les uns des autres de façon primaire et seuls les plus forts survivent. Daoud met en place, avec succès, un stratagème pour s’acquitter de sa dette envers Amadi. Désarmé, ce dernier n’a plus aucun moyen de pression sur le caïd. Il est intéressant de voir, ici, que la religion et la drogue, essentiellement, sont placées sur le même plan et sont définies comme des moyens de contrôle. Le barde Hocine analyse cela autrement, plutôt comme des formes d’addiction pour mieux supporter la vie. Alors que les protagonistes y voient une véritable échappatoire et la possibilité de s’élever au-dessus du bitume. Ainsi, dans l’esprit du réalisateur, le religieux et le trafiquant ne seraient pas si éloignés et auraient la même dessein, seul le moyen serait différent. Housmane utiliserait la drogue tandis qu’Isham se servirait de Dieu pour justifier une fin unique.

Autre pièce sur l’échiquier, le chef local modifie, en secret, son équipe pour lancer une nouvelle offensive contre celui qu’il continue d’appeler par son nom de baptême, François. Et ce n’est pas un hasard. Tout d’abord, c’est une manière de rejeter une quelconque prédominance du religieux. Ensuite, en le prénommant ainsi, le mafieux l’emmène sur son terrain et évite par la même occasion, d’aller sur celui d’Amadi. Ne dit-on pas qu’une équipe de football a plus de chance de gagner en jouant à domicile. La Commune ne peut fonctionner sur le mode de l’aigle à deux têtes, le leadership ne s’y partage pas. A un moment, l’un devra s’effacer au profit de l’autre. Pour l’heure, l’avantage de position revient à Daoud.
On voit, également, dans cet épisode l’ascension de Yazid. En meneur de l’actuel jeune trio du quartier, il prend quelques risques calculés pour se faire repérer par son chef et devenir lieutenant à la place de Milan, de plus en plus sur la corde raide.
 
Sur un autre plan, on découvre toute la complexité d’un autre personnage, Hosnia. En apparence soumise, celle-ci montre une réelle indépendance d’esprit. Futée, elle sait comment manipuler son monde. Tandis que les faibles ne savent pas s’apprécier, les forts se reconnaissent toujours entre eux. Ainsi, lorsqu’elle postule comme aide ménagère au service d’Isham, celui-ci semble se méfier. Sans doute, son instinct le prévient-il que Hosnia n’est pas celle qu’elle semble être, plutôt une puissance en devenir du quartier.    
Alors que le précédent revenait sur les origines des protagonistes, cet épisode libère les tensions et distribue les pions entre Daoud et Amadi, qui va œuvrer pour qui ? Sachant qu’en définitive, à La Commune, chacun n’agit que dans son propre intérêt, la survie le commande. 

Critiques   article(s)

1x8 - Au nom du Père (879 mots)
1x5 - Compassion (830 mots)
1x3 - Hérédités (852 mots)
1x2 - Chacun pour soi (810 mots)
1x1 - Visite guidée (805 mots)

Mot de passe oublié ?

RECEVEZ CHEZ VOUS

 

 

Le numéro 17 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, Lost et son personnage clef, livraison et éclairage scénaristique avec Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux showrunners de la série. En bonus : les interviews de Naveen Andrews (Sayid) et Jorge Garcia (Hugo). Pour l’été, la rédaction vous propose un zoom de près de 20 pages sur les X-Files de Chris Carter, et vous offre en prime un entretien avec le maître. Côté dossier : une radiographie conséquente du soap-opera. Egalement au programme de ce double numéro estival : les confessions de Tim Kring, créateur de Heroes qui revient sur l’échec de la saison 2 de sa série comic. Au rayon cahier critiques, Big Love (saison 2), Californication (saison 1), Engrenages (saison 2), mais aussi Meadowlands, Dirt, The L Word, The Office, My name is Earl, et les principales autres sorties de l’été. Enfin, côté Points de Vue : le générique de The L Word, un gros plan en forme de confrontation musicale au sommet entre David Bowie et Mick Jagger, les portraits de Gaïus Baltar (Battlestar Galactica) et Joséphine Karlsson (Engrenages), une séquence de [MI-5], un tour d’horizon de l’Italie et un Ma Série et moi par Emma de Caunes. La rédaction de Générique(s) vous donne rendez-vous pour une nouvelle saison à la mi-septembre.