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La Commune
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1x6 - Ainsi parlait Sun Tzu

Ici, c’est moins la réalisation brute que la narration qui est exploitée. On revient à l’intrigue de fond et le spectateur est entraîné dans la débâcle d’un combat politique entre la mairie et l’association de quartier avec toujours dans l’ombre, Isham et Housmane qui œuvrent. Cet épisode est porté par Anita Rossi la responsable du centre social municipal et Alexandre Vincent, peut-être le personnage le plus direct de La Commune avec Daoud. Contrairement à Anita ou d’autres qui avancent masqué, faisant croire à une certaine bonté devenue illusoire à nos yeux depuis le premier épisode, Alexandre, seul, semble être franc. Bien qu’il apparaisse comme le « dernier des salauds », il ne manigance que très peu finalement ou tout du moins, on sait à qui on a affaire. Lors d’une scène saisissante entre lui et un jeune de la cité, l’adjoint au maire ne se laisse pas manipuler et use d’une répartie clairvoyante pour tirer avantage de la situation. C’est dire que son instinct de survie est également bien aiguisé.

Le plan de restructuration envisagé dès le premier épisode par Maurice Dubar nécessite l’aval d’un médiateur de la république. Plus encore, celui-ci est envoyé pour assurer le dialogue à ce sujet entre le maire et la population. C’est ce qui se passe lorsqu’une décision n’est pas acceptée par l’une ou l’autre des parties en présence. Le médiateur, plutôt la médiatrice repart choquée des méthodes employées par l’adjoint au maire à l’encontre des habitants et rend un rapport qui conteste la décision de relogement. L’épisode s’achève sur sa position affichée publiquement contre Dubar. Si le député maire ne riposte pas, il aura subi un échec et mat en bonne et due forme, sanctionné par un pion extérieur à La Commune. L’affront n’en sera que pire. Vincent n’a pas dit son dernier mot puisque l’adjoint tire les ficelles au cabinet, la réponse viendra de lui à priori. Mais la fourberie qui agite La Commune dévoile son lot de surprises et la suite des événements est difficile à anticiper. On ne peut que supposer.

C’est une véritable tactique guerrière qui se met en place d’où le titre judicieux de l’épisode faisant référence au traité sur l’Art de la guerre attribué au général Sun Tzu et au Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche. Deux philosophies contestées qui placent l’homme sur une valeur de puissance mais qui traduisent bien l’esprit de la série dans laquelle les personnages se disputent le pouvoir comme Gollum, le précieux (Le Seigneur des Anneaux). La seule question qui vienne à l’esprit pour déceler le vrai du faux est : " Qui a intérêt à ce que La Commune change ? " A bien voir le déroulement, personne suffisamment pour apporter l'équilibre.

En parallèle, on en apprend plus sur le passé trouble et tortueux d’Anita. Un signe encore que tous les protagonistes cachent un secret, une souffrance dans les méandres de leur passé. Par ailleurs, ici, au visionnage, la violence ne saute pas aux yeux du spectateur directement par des scènes crues, ce qui est le lot de quasiment tous les épisodes qui précèdent. C’est une férocité plus cérébrale qu’affective. En effet, l’intelligence du spectateur est mise à contribution pour comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire et ce qu’il découvre est brutal à quelques égards tandis que son émotion moins sollicitée se repose davantage. Ce n’est donc pas sur la mise en scène qu’il faut s’appuyer mais sur les dialogues pour suivre l’épisode.

Une mention est à attribuer au personnage d'Alexandre Vincent dont on devinait au début la montée en puissance à venir. Anita est intéressante également car le spectateur ne sait pas vraiment qui elle est, entre empathie et force de caractère, gentillesse et mystère, il jongle pour enfin la connaître. A La Commune, on marche sur des oeufs car le scénariste nous a habitué à nous méfier de tous.    

Critiques   article(s)

1x8 - Au nom du Père (879 mots)
1x5 - Compassion (830 mots)
1x4 - Contre nature (890 mots)
1x3 - Hérédités (852 mots)
1x2 - Chacun pour soi (810 mots)
1x1 - Visite guidée (805 mots)

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