1x8 - Au nom du Père
Bien que d’une qualité supérieure au précédent, davantage en phase avec le reste, le dernier épisode de la saison 1 n’est pas aussi impressionnant qu’on aurait pu le souhaiter mais tient suffisamment en haleine pour avoir envie de découvrir la 2. Daoud était en position d’échec dans l’épisode 7 mais ici, il use de stratégie et de force pour se replacer sur l’échiquier. Dans un premier temps, il suit le mouvement de son ennemi le laissant croire à sa domination puis attaque par surprise. Milan était déjà un adversaire féroce et cette fois, il se retrouve face à un aigle à deux têtes, Isham et Ashraf, le véritable caïd du quartier.
Si à La Commune, Housmane est le directeur, Ashraf en est le P.D.G. Pour le bien du business, celui-ci choisit Amadi comme pièce maîtresse et donc, indirectement, comme lieutenant même si les choses ne sont pas aussi explicites. Daoud inverse la situation et rétablit l’équilibre. Cette intrusion d’un autre chef fut de courte durée et le spectateur revient à un schéma plus habituel, un plateau avec deux forces en opposition et non trois. Depuis le début, une troisième entité est perçue comme une faiblesse et détruite presque aussitôt. La trinité n’est pas ce qui convient le mieux au fonctionnement de La Commune. Le jeune trio dirigé par Yazid n’est plus qu’un duo et Ashraf échoue à s’affirmer entre le religieux et le dealer. Et cela se comprend. C’est tout simplement pour ne pas donner l’illusion de la « liberté » aux habitants que le quartier se maintient à deux.
Offrir trois options à quelqu’un constitue un véritable choix. On peut dire oui, non ou peut-être, l’échappatoire est là. Par exemple, l’étude d’un marché virtuel se fait sur la base d’un arbre à trois branches pour cibler l’éventail le plus large possible. A l’inverse, une dualité symbolise un faux choix car il l’impose sans alternative et marque une forme de cloisonnement aussi symétrique que l’architecture de la cité. Puis, plus simplement, à deux, le contrôle se conforte, à trois, il est plus diffus et risque de se diluer à quatre, cinq, etc. Par ailleurs, cela traduit le constat pessimiste du scénariste. A La Commune, l’étau se resserre soit sur une vie faite de trafic, soit d’extrémisme religieux, l’une aussi peu séduisante que l’autre. Et les personnages qui tentent d’aider ou vivre autrement sombrent dans la dépression à l’image d’Anita ou de Georges. Pas vraiment de quoi sortir les chapeaux pointus et les guirlandes. Le médecin se noie dans l’alcool et l’assistance sociale pleure toutes les larmes de son corps. Seul le barde garde un certain recul par rapport à ce qui l’entoure en étant à la fois acteur et spectateur. D’ailleurs, tandis que l’intrigue se corse, que les meurtres sont plus nombreux, lui s’émerveille de voir une aurore boréale. Houcine préserve la poésie du cœur pour ne pas que la réalité le piétine.
Dans un souci d’esthétisme et de finition, la saison 1 s’achève sur une mise en scène plus trash, arrivant à niveau voire dépassant celle de l’épisode 3 que l’on peut considérer comme le meilleur. Les personnages souffrent quelque peu de la caricature pressentie dans le 7 mais de manière inégale. Les plus nuancés ne sont pas les plus exposés. Pour ce qui est de l’histoire brute, elle ne se boucle pas ni ne s’achève sur une scène à suspens qui nous maintiendrait addict. Etonnement, la dernière image est pleine de douceur. Peut-être l’annonce d’un espoir dans la saison 2 pour les habitants de La Commune ? On aimerait le penser. Cependant, les affaires en cours entre Daoud et Amadi ne laissent guère de place à cette illusion. L’un et l’autre montent en puissance. Les forteresses se dressent et les camps se forment. Ceux qui jusqu’à maintenant jouaient la neutralité risquent de basculer sous le poids de l’influence. A la fin, une question taraude, y a-t-il quelqu’un qui peut changer la donne ?
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Le numéro 18 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, les femmes de Desperate Housewives, pour un zoom de 17 pages décryptant notre relation d’amour-haine à la série et augmenté des confessions du créateur Marc Cherry et de l’actrice Dana Delany. Le magazine célèbre aussi à sa façon la rentrée littéraire, en explorant dans son dossier les riches liens entre littérature et séries, de The Wire à Dexter. Côté interviews : des rencontres avec le nabab Josh Schwartz (Gossip Girl, Chuck), le casting de Battlestar Galactica et l’équipe de Dirty Sexy Money.
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