1x5 - Compassion
Un épisode d’une surprenante nervosité, notamment dans le jeu d’acteurs entre Milan et Yazid. L’action se déroule essentiellement autour des deux protagonistes qui tiennent le haut du pavé pendant ces 52 minutes. Ceux-ci offrent au spectateur une prestation juste et authentique. On y croit et sur la base d’une intrigue qui se corse, le suspens tient largement en haleine. Pressentie, l’histoire prend une tournure favorable pour le jeune Fikry. Jusqu’à maintenant, c’est le meilleur épisode suivi de près par le troisième, que ce soit pour la qualité de l’histoire ou pour le soin artistique apporté. Le 3 se singularise par une utilisation adéquate des flash backs et une performance saisissante des comédiens qui jouent Daoud et Lazare jeunes. Retient aussi l’attention, le sentiment grandissant d’être face à un jeu d’échecs.
La Commune use de stratégies quasi militaires pour garantir sa survie et les plus rusés ne sont pas toujours ceux que l’on croit. D’où un effet de surprise à chaque visionnage et encore davantage ici. Les pièces maîtresses changent d’aspect, variant sans cesse selon leur place sur le tablier. On n’est jamais sûr de rien et bien que Housmane tienne les reines de la cité, chaque pion peut devenir fou ou se transformer en roi. Evidemment, les prises de position et la domination exercée ou subie par chacun n’apparaissent pas d’un coup. Abdel Raouf Dafri fait naître ces évolutions avec nuance, par l’ajout d’infimes détails, l’exposition de certaines scènes vives. Seulement alors on prend conscience qu’untel montre un visage nouveau tandis qu’un autre s’écroule malgré l’illusion de la force. Sur un autre point, la qualité est renforcée par une mise en scène beaucoup plus en mouvement. La caméra oscille et donne parfois l’impression d’être portée à l’épaule, avec une avancée fluide, rarement statique.
Milan se cache des représailles de Daoud avec l’aide calculée de Yazid. Ce dernier applique à la lettre l’adage guerrier référencé dans Le Parrain II, « Garde tes amis prés de toi et tes ennemis encore plus prés ». Ce qui compte, c’est la deuxième partie, la première se justifiant difficilement car à La Commune, l’amitié est une valeur obsolète. L’instinct de survie, ciment essentiel, s’aiguise davantage. Dans ce chapitre 5, certains s’épaississent mêlant adroitement une animalité à une intelligence redoutable. Y a il de véritables liens affectifs ? Pour le moment, non. Des entités qui se construisent, se façonnent elles mêmes sans soutien et deviennent des électrons libres en recherche de leur propre gloire. A certains égards, Georges le médecin (brillamment interprété par Pascal Elso) apparaît soucieux d’aider son prochain. Quoiqu’on se demande tout de même si il ne le fait pas pour ne pas avoir à se supporter seul et affronter dans le miroir son alcoolisme. Housmane prend tendrement sa fille dans ses bras lors d’une scène relativement douce par rapport au reste. Et encore on doute d’une sincère empathie. Ce n’est pas son amour qui inquiète mais ce qu’il est capable de faire pour le garder. Les seuls rapports existants finalement opèrent sur le mode : « Possession – Dépossession ». Un lien avec pour unique terroir l’idée de partager ne germe chez aucun des personnages jusque là. Ici, ce sont les conflits d’intérêt qui priment, le pouvoir qui excite une population qui n’entrevoit que deux chemins sur le pas de la porte : L’ascension ou la chute. Pour l’heure, le scénariste a la volonté d’afficher une réalité crue sans ambages. Cet épisode est aussi à un carrefour de l’histoire de fond et opère une césure importante pour la suite. Toutes les raisons évoquées certifient de sa mention particulière, entre authenticité et passion. A ne pas manquer.
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Le numéro 18 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, les femmes de Desperate Housewives, pour un zoom de 17 pages décryptant notre relation d’amour-haine à la série et augmenté des confessions du créateur Marc Cherry et de l’actrice Dana Delany. Le magazine célèbre aussi à sa façon la rentrée littéraire, en explorant dans son dossier les riches liens entre littérature et séries, de The Wire à Dexter. Côté interviews : des rencontres avec le nabab Josh Schwartz (Gossip Girl, Chuck), le casting de Battlestar Galactica et l’équipe de Dirty Sexy Money.
Générique(s) décrypte également le phénomène des web-séries, passe Terminator : The Sarah Connor Chronicles « sur le grill », et chronique les sorties DVD de la rentrée (Damages, Charlie Jade, The Riches, etc). Enfin, la partie « Points de vue » revient sur le magnifique générique de Mad Men, dresse le portrait d’Ari Gold, l’électron libre d’Entourage, donne la parole au réalisateur Nicolas Boukhrief pour un « Ma série et moi » grand format, et accueille deux nouvelles rubriques : le « cabinet des curiosités », qui explore l’histoire souterraine des séries télé (Kindred, le clan des maudits est au programme) et « Trajectoire », inaugurée par le réalisateur star Timothy Van Patten, qui nous livre notamment quelques confidences sur The Pacific, la future série événement de Steven Spielberg.

