KiosqueArchivesForum
Dr. House
Envoyer cet article à un ami

1x3 - Cherchez l'erreur

Choisi on se demande encore bien pourquoi par TF1 pour servir de pilote français, ce troisième épisode commence par une scène de sexe brutale. Ceci expliquant peut-être cela à 23 h sur la première chaîne… Quoi qu’il en soit, le coït s’achève dans le drame, le jeune homme jusque-là affligé d’une banale toux, perdant mystérieusement connaissance. C’est là qu’intervient le Dr Gregory House, brillant diagnosticien que les énigmes médicales fascinent. Avec son équipe composée de trois jeunes spécialistes, il va s’attacher à démêler l’écheveau des affections qui se liguent contre le patient. Contre la victime pourrait-on dire. Puisque House enquête véritablement comme un policier. Les symptômes sont pour lui des indices et  le coupable aura selon les cas la forme d’un virus ou d’une bactérie. Au sein de l’immense hôpital universitaire de Princeton-Plainsboro, les qualités de déduction de House le rendent presque aussi irremplaçable que Horatio Caine dans Les Experts : Miami. Et c’est un peu le problème. Car l’animal est au demeurant  doté d’un caractère exécrable. Misanthrope, il veut bien s’intéresser aux maladies mais refuse obstinément de prêter la moindre attention aux patients. L’humain l’ennuie.

Suffisant, cynique, odieux, on le découvre dans toute sa splendeur dans une scène où il s’adresse aux patients lambda rassemblés dans la salle d’attente. Il leur explique qu’il n’a que peu d’intérêt pour leurs pathologies, qu’il est tout à fait prêt à laisser les autres médecins s’occuper d’eux, puisqu’il leur fait face contre sa volonté. Car House ne fait pas non plus ce qu’il veut. Sa supérieure le Dr Cuddy, lui impose outre ses enquêtes de Sherlock Holmes de l’anatomie, de s’acquitter aussi de son quota de consultations de routine. Ce qui donne lieu à des entractes de pure comédie entre les scènes plus intenses de course contre la montre et surtout contre la mort de l’intrigue principale. L’interprétation que livre l’Anglais Hugh Laurie de House rend le personnage jubilatoire. Il incarne le docteur tel qu’on l’imagine parfois une fois la porte de son cabinet refermée : énervé qu’on lui ait fait perdre son temps, excédé par notre banalité.

Son fichu caractère, House le doit en partie à une infirmité. Ne se séparant jamais de sa canne pour soulager une jambe atrophiée, il se dope incessamment à coup de pilules anti-douleur. Problème : tout cela, il aura fallu le déduire de cette diffusion française à la sauce TF1, amputée des deux premiers épisodes originaux. Idem pour ce qui est du rôle précis de chacun des trois assistants de House. Les dialogues dans les scènes chorales ne s’embarrassent d’aucun préambule. Enlevés, brillants - sans euphémisme, précision utile eu égard aux commentaires de Foreman -, ils sont surtout terriblement techniques. Cruelle désillusion pour le téléspectateur : plus de dix ans à jargonner aux côtés des médecins d’Urgences ne lui ont pas tout appris.

D’autant plus déstabilisant qu’un des protégés de House, ledit Dr Foreman est joué par un ancien du Cook County de Chicago, Omar Epps (il était le Dr Gant). Au moins devine-t-on ici que Foreman tiendra le rôle du sceptique, quand le Dr Chase sera, lui, davantage réceptif aux raisonnements souvent iconoclastes de leur mentor. Enfin que le Dr Cameron sera la plus émotive. Chacun a sa spécialité et la confrontation de leurs points de vue et théories nous laisse souvent sur le carreau. Surtout que la réalisation de Bryan Singer (X-Men, Usual Suspects), par ailleurs producteur exécutif de la série, virevoltant de l’un à l’autre ne nous accorde aucun temps mort dans ces scènes-là. Au moins, on ne s’ennuie pas, cet épisode restituant parfaitement l’esprit du show, à savoir un mélange détonant de série médicale et de suspense. 

Critiques   article(s)

Mot de passe oublié ?

RECEVEZ CHEZ VOUS

 

 

Le numéro 19 de Générique(s) sort mercredi. En couverture, Pushing Daisies, la série événement de la fin d'année sur Canal Plus, une friandise colorée décryptée dans nos pages par son créateur et ses comédiens. Notre "zoom" est consacré au monument The West Wing (A la Maison Blanche). Au moment où George W. Bush s'apprête à plier bagage, retour sur sept saisons d'une présidence idéale, celle de Jed Bartlet/Martin Sheen. Quant au dossier, il s'amuse à revisiter les codes des séries ados : retour de la franchise Beverly Hills, phénomène Gossip Girl, édition DVD événement de la mythique Angela, 15 ans, interview de Rob Thomas, le papa de Veronica Mars...

Et aussi : le retour imminent de Jack Bauer et 24 heures chrono commenté par le producteur Jon Cassar, la saison 2 de Mafiosa vue par Eric Rochant, la sélection des coffrets DVD pour Noël, notre traditionnel cahier critique (Dexter, Deadwood, Lost, Grey's Anatomy, Kaamelott...), Fringe passé sur le grill, 5 raisons d'attendre Life on Mars US, et bien d'autres choses encore. Cerise sur le gâteau : le journaliste Bruce Toussaint nous parle de sa série préférée...