1x1 - Orgiaque
Une plongée dans un univers empreint d’un réalisme historique rarement atteint par une série jusqu’alors, Rome lève le voile sur la sanglante et orgiaque époque romaine, du temps où la République à deux têtes, constituée de Julius César et de Pompée, touchait à sa fin pour devenir un Empire.Dés le générique, le spectateur sent l’originalité et le dépaysement que lui promet la série. C’est ce qui se passe devant les grandes œuvres, elles se font connaître avant même le lever de rideau, aux premiers balbutiements. Jeff Beal (compositeur entre autres de Médium et de La Caravane de l’étrange) met tout son talent pour offrir une musique envoûtante qui câline le rêve du spectateur, déguster des grappes de raisin, allongé sur un lit romain. Puis la caméra plonge son œil dans la cité, sur des grafs d’un autre temps peints sur des colonnes de marbre. Ceux-ci bougent pour donner l’illusion que Rome existe par elle-même. On peut apercevoir méduse, une des trois gorgones de la mythologie grecque, des chars de soldats, un pénis en érection griffonné à la craie ou encore des danseuses. Des effets de caméra passent du ralenti à l’accéléré pour soutenir l’atmosphère malsaine de débauche qui se dégageait de la cité à cette époque. Le rideau se lève et Rome naît.52 avant Jésus-Christ, le bal s’ouvre sur l’un des deux principaux protagonistes de la série, le centurion Lucius Vorenus (Kevin McKidd) au combat contre les troupes gauloises. Le visuel et le son des pilums et des boucliers qui s’entrechoquent, les stratégies militaires romaines qui se mettent en place (en quinconce ou en tortue) pourraient faire penser à Gladiator de Ridley Scott s’il n’y avait cette touche de réalisme supplémentaire qui témoigne d’un environnement cinématographique un brin plus crédible et moins fantasmé. Les coulées de sang durant la bataille ne sont pas en surenchères mais juste suffisantes pour donner le frisson. Les mouvements des soldats aux lourdes armures et aux glaives imposants sont lents, c’est le souhait du réalisateur, être crédible davantage que spectaculaire.Et pourtant le spectacle est bel et bien là devant le réalisme cru de l’image. Puis l’intrigue se met en place. Tandis que Julius César (Ciaran Hinds) est en Gaule pour soumettre Vercingétorix, au terme de la bataille d’Alésia, Pompée (Kenneth Cranham) est à Rome pour en assurer le bon fonctionnement. Le pouvoir est partagé entre les deux hommes et les complots naissent dans le sénat et chez les proches pour savoir qui asseoir sur le trône. Certains veulent s’assurer les bonnes grâces à la fois de César et de Pompée, c’est le cas de Atia, la nièce de Julius, interprétée remarquablement par Polly Walker. Elle offre, dans le même temps, un cheval à César et sa fille, Octavia, à Pompée.Deux légionnaires sont envoyés en mission pour retrouver l’aigle royal de Julius César, symbole du pouvoir suprême. Lucius Vorenus et Titus Pullo (Ray Stevenson) arpentent les sentiers battus en quête de l’emblème. Le spectateur sent d’ores et déjà l’importance des deux soldats qui apparaissent très vite comme les deux héros de la série. Il ne peut s’attacher, ni suivre de trop prés un personnage d’envergure impliqué directement dans l’intrigue comme Pompée, César ou encore Atia, l’effet de surprise serait nul et le spectateur serait en quelque sorte déjà « corrompu ». Au contraire, il doit se référer à un caractère loyal et naïf pour ne pas se sentir partisan des complots auxquels il assiste.
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Le numéro 15 de Générique(s) est disponible en kiosques et en ligne. Le Royaume-Uni est à l’honneur en couverture avec un dossier sur sa production, plus riche que jamais, qui en fait incontestablement l’autre pays des séries. Le zoom du mois porte sur Nip/Tuck, la série de Ryan Murphy ne fait pas l’unanimité auprès de la rédaction de Générique(s), qui décortique les cinq saisons de la série provoc de FX. Egalement au menu : Jean-Pierre Jeunet rend son verdict sur Pushing Daisies. Alors ? Hommage ou plagiat de son Amélie Poulain ? La réponse dans nos pages. L’écrivain George Pelecanos revient sur son expérience en tant que producteur et scénariste sur The Wire alors que Cynthia Mort nous parle de sa série, Tell me you love me. Rayon cahier critique, 30 Rock est la sortie du mois, accompagnée entre autres de Destination Danger, Doctor Who ou encore How I met your mother. Pour terminer en beauté ce numéro : l’analyse du générique du Prisonnier, un portrait du ténébreux Jack Malone et plein d’autres choses encore. Bon Générique(s) à vous.

