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Rome
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1x2 - Guerre et sexe

Le second épisode s’ouvre immanquablement sur les deux protagonistes espérés, les centurions Titus Pullo et Lucius Vorenus, auxquels le spectateur devra désormais s’attacher pour suivre les intrigues. Le premier semble, suite au pilote, instinctif presque animal mais d’une grande loyauté. Tout aussi intègre, le second est plus réfléchi, plus en retenue. Les deux sont faits pour marcher ensemble pourrait-on dire.
 
La première scène donne le ton de l’épisode. Un détachement des troupes de César rentre sur Rome. En plein milieu de la marche, le centurion en chef s’arrête pour culbuter une bergère qui vient à passer par là alors que ses hommes le regardent faire comme ils regarderaient un paysage, avec un certain détachement. Les scénaristes appliquent à la lettre le vieil adage, « le repos du guerrier ». Ici, il prend tout son sens.
 
Puis, les deux héros arrivent dans le cœur de ce qui est encore une République. Les odeurs de sexe et de sang montent aux narines du spectateur qui sent presque la moiteur de la Cité lui coller au visage, les yeux sont absorbés par l’attitude bestiale des habitants de Rome qui apparaît comme un fourre tout des plaisirs charnels. Lucius retrouve femme et enfants tandis que Titus fornique dans une maison pas si close et boit plus que de raison dans une taverne.
 
La première partie de cet épisode est imprégnée de cette atmosphère décadente. C’est l’entrée non seulement des deux soldats mais aussi du spectateur dans Rome. Les scénaristes semblent avoir voulu marquer l’empreinte de ce qu’était la Cité entre deux régimes, un lieu de débauche. L’ennui est perceptible chez les patriciens (la classe dominante au Sénat) que le spectateur découvre en pénétrant la demeure d’Atia qui ne sait plus que faire : entre prendre des bains prolongés, déguster des grappes de raisin ou s’enticher d’un nouvel amant chaque nuit. Du côté de la Plèbe, la pauvreté est rampante et il est plus difficile de détourner l’esprit de la triste réalité. On sent, alors, la République en déclin. De l’ennui à l’oubli, de part et d’autre, le peuple ne fait plus cohésion et semble perdu.
 
 
L’intrigue amène les deux centurions à croiser les personnages "secondaires" : Atia, Octave et César. Vorenus et Pullo avaient sauvé Octave d’un enlèvement entre Rome et Alésia tandis qu’ils recherchaient l’aigle de César. De retour dans la cité, ils le raccompagnent chez sa mère, Atia. Quant à César, ils ont eu l’occasion de lui rendre grâce en lui rapportant l’emblème dérobé.
 
La seconde partie de l’épisode est axée sur les questions politiques qui animent Rome, l’intrigue principale. Le spectateur a ouvert les portes de la Cité, goûté à ses plaisirs et là, il infiltre l’âme de Rome, habitée par la corruption, les conflits d’intérêt, la sauvagerie politique bien plus cruelle que le combat au glaive, car plus sournoise. Les pions sur l’échiquier se déplacent en faveur de Pompée. Le peuple se soulève, fustige les soldats rentrés de la campagne gauloise et César est déclaré ennemi de Rome. Apprenant la nouvelle, il réunit ses troupes et organise une marche sur la Ville Eternelle. Le combat politique peut commencer.
 
Ce second épisode est dans la continuité du pilote, un bijou de réalisation. Plus qu’une série, Rome ressemble à une grande fresque tumultueuse et sauvage dont l’étendue compte nombre de détails essentiels pour sa compréhension tant dans la mise en scène, dans les décors, que dans le jeu des acteurs, éblouissant. Alors que le premier épisode était centré autour du personnage d’Atia, grande stratège politique en raison de son impressionnant réseau d’amants, celui-ci se concentre sur les deux protagonistes, Titus et Lucius. Le spectateur se familiarise avec les mœurs de l’un et l’autre, s’invitant dans la demeure et le quotidien de chacun. Le troisième épisode devrait lever le voile sur les premières trahisons politiques et porter plus haut le duel entre Pompée et César.
 

Critiques   article(s)

1x11 - Espoirs déçus (1017 mots)
1x9 - Tromperies (1157 mots)
1x5 - Négociations (955 mots)

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