La première scène s’ouvre sur le campement de Pompée éloigné de Rome après une erreur stratégique (voir épisode 3) dans le but de rallier davantage de renforts avant de marcher à nouveau vers la cité et d’évincer César. Les cris d’un homme torturé et pendu par les pieds retiennent l’attention du spectateur. Puis, l’œil pénètre la tente du consul entouré de ses conseillers, dont Caton, le sage et Cicéron, l’orateur. Quintus s’invite soudainement sous la tente, le visage barbouillé de sang, et on comprend qu’il est le tortionnaire responsable des hurlements. L’inquiétude et la colère se lisent sur les visages des uns et des autres. L’or de Pompée, et par conséquent de Rome, a été dérobé. Quintus cherche le coupable. Sans nul doute un complice de César, peut-être Julius lui-même ? Si l’or se retrouve dans les mains de ce dernier, c’est la guerre et non plus la bataille qui serait perdu par Pompée. L’or est le nerf de la guerre, la fibre permettant d’allier autant les fidèles que les courtisans.
Quintus, avec l’aide de quelques soldats déguisés, rentre dans Rome, retrouver l’auteur présumé du vol, Vorenus. En réalité, c’est son acolyte Pullo qui est impliqué. Alors que le fils de Pompée confronte Lucius dans sa demeure, Titus débarque, de l’or dans les mains, et une bagarre éclate en faveur des deux protagonistes. Quintus est amené devant César. Après avoir eu vent de l’affaire, Julius le relâche. En réalité, Pullo n’a dépensé qu’une infime partie de l’or afin d’affranchir Eirene, l’esclave dont il s’est épris, et a caché le butin quelque part dans les terres. C’est là, encore, un beau coup à jouer pour César. Après le bluff de la marche sur Rome qui mit Pompée en déroute, il prend de nouveau l’avantage sur son adversaire. Relâcher Quintus avec un message de négociation pour son père, sans toucher à l’or, est en effet un coup de maître. Par cet acte de noblesse, le dictateur s’assure la main mise sur le consul en le conduisant inévitablement à se placer sous son aile. C’est pour Julius un moyen d’effacer les rancoeurs et d’adoucir l’humeur de son ennemi, l’encourageant, ainsi, à rentrer sur Rome et à accepter le nouveau leadership.

En parallèle de l’intrigue de fond, la partie d’échec qui se joue entre les deux têtes de Rome, le spectateur se familiarise avec les mœurs de la cité, pas si éloignées de notre époque. Pour le retour de César, des réjouissances sont organisées dans la demeure de Atia (celle-ci tente de le séduire mais il lui préfère sa fidèle et aimante Servilia). Tous les courtisans sont de la soirée. Julius prend, alors, ses marques, repérant ceux qui sont là par intérêt, les traîtres potentiels, les fidèles. De son côté, Vorenus organise, aussi, une fête. Marc Antoine propose à Lucius d’entrer chez les evocati (grade militaire honorifique) comme préfet de premier niveau. Les orgies sont dépeintes comme un bain sensuel. Les drogues agissent et les corps s’entrelacent. Entre deux coupes de vin rouge, les convives se caressent nonchalamment, offrant leur nudité les uns aux autres. La décadence est sous jacente mais la réalisation donne l’impression d’une photo poétique si bien que le spectateur se délecte plus qu’il ne se heurte.
Du temps de l’Antiquité romaine, la faveur des dieux était nécessaire à la conduite politique. Ainsi, César se rend auprès du conseil religieux, demander la protection pour ses actions et que l’investiture de Rome lui soit accordée. Cette manœuvre dévoile une première faille du dictateur qui n’agit pas par stratégie, plutôt par réelle conviction. Alors qu’il s’entretient avec Octave, une autre fragilité se dévoile. Julius fait une crise d’épilepsie. Il ordonne au jeune Julii de ne jamais en parler. Une telle maladie s’explique aujourd’hui médicalement. Mais à cette époque, elle était perçue comme une possession démoniaque et si les ennemis de César viennent à le découvrir, c’est le bûcher assuré pour Julius. Ce sont là deux failles que peut utiliser Pompée si il les découvre.
Cet épisode renforce donc la position de César à Rome. L’épisode 5 peut tout aussi bien conforter sa prédominance comme inverser la donne.