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Rome
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1x6 - Octave devient un homme

Marc Antoine, tel un roi entouré de sa cour, pavoise à la tête de Rome, assurant l'intérim de César, parti pourchasser Pompée et ses hommes en Grèce. Au milieu des civils, il s'essaie à "la politique" (presque un gros mot dans la bouche de ce militaire pur jus), tout en se plaignant de l'inaction à laquelle elle le contraint. Le propos de l'épisode sera d'ailleurs de montrer à quel point Marc Antoine est viscéralement un guerrier. Vénal, violent et cynique, Marc Antoine n'en est pas moins un soldat courageux et loyal, comme le prouvera son choix de voler au secours de son chef lorsque le vent tournera pour César. On est encore loin de l'homme de pouvoir du début de la saison 2, capable de realpolitik et de diplomatie. Le bras droit de César n'est pour l'instant qu'un homme de paille, qui est resté à Rome pour appliquer à la lettre les premières vraies mesures politiques de son mentor. Il entreprend notamment de manipuler le Sénat, en faisant pression sur son doyen et ce qui reste des patriciens (on notera les bancs aux trois quarts vides de l'hémicycle, qui ne sont pas sans rappeler notre assemblée nationale). Arrêtons-nous sur l'une des premières mesures du dictateur César : une réforme du travail agricole, limitant le travail esclave qui fait concurrence aux citoyens romains. La mesure, défavorable aux propriétaires terriens pour des raisons économiques évidentes, est évidemment un calcul populiste pour s'assurer le soutien de la Plèbe. Elle fait aussi écho à des thèmes contemporains : le dumping social, les délocalisations, voire l'immigration. En deux millénaires, rien n'a changé. Ni les problématiques sociales, ni leur exploitation par les gouvernements. Si Pullo est sensible à ce populisme césarien, Vorenus, en républicain convaincu, se montre plus sceptique face aux méthodes peu démocratiques employées par ses chefs, à qui il ne reste fidèle que parce qu'il a des principes.
 
Côté vie privée, Vorenus est toujours obnubilé par ses problèmes de couple avec Niobe. Lors d'une soirée de beuverie, il confie encore à Pullo ses difficultés conjugales, liées à la gêne qu'éprouve Niobe face à sa sœur et la disparition de son mari. Devant la détresse de son ami, Pullo ne peut que se sentir responsable : c'est lui qui a assassiné Evander, pensant justement résoudre les problèmes de Vorenus. Il cherche donc à dissuader Lyde d'espérer le retour de son mari. Malheureusement, au moment où Vorenus et Niobé semblent enfin nager dans le bonheur après un nouveau départ et une reconquête mutuelle, comme s'ils étaient deux jeunes amants, la XIIIème Légion doit repartir pour la Grèce.
 
Ce sixième épisode étudie en particulier le sexe sous tous les angles : sexe et pouvoir, sexe et violence, sexe et harmonie, et plus généralement, le sexe comme un spectacle. Sexe et pouvoir, en premier lieu, un lien étroit qui sous-tend la série d'un bout à l'autre. Cette imbrication trouve ici son illustration dans les rapports du couple Atia-Marc Antoine, notamment dans la scène où, sur l'oreiller, la matriarche des Julii cherche à convaincre son amant qu'il est en position de faire main basse sur Rome et propose au plébéien qu'il est d'épouser stratégiquement son nom prestigieux et son argent. Le parallèle est aussi fait avec les séquences consacrées au dépucelage officiel d'Octave, qui a tout d'un futur leader, sauf la maturité sexuelle. L'affaire sera organisée par Pullo dans un lupanar de luxe (proposant indifféremment jeunes hommes et femmes, illustrant ainsi la libéralité antique en la matière), sans passion, comme une formalité à laquelle il faut procéder. Il est d'ailleurs intéressant de relever que cette initiation au sexe suit naturellement sa formation au combat au corps à corps. On en vient donc logiquement au binôme sexe-violence, articulation symbolisée dans cet épisode par une scène assez dérangeante de combat au glaive entre deux esclaves nues, pour le plus grand plaisir de Marc Antoine (et qui préfigure sa vie de débauche en Egypte, dans la saison 2). Sexe et harmonie ensuite, Vorenus et Niobe trouvant finalement leur équilibre par le biais d'échanges charnels doux, respectueux et égalitaires. Sexe spectacle enfin, car chez les puissants, tout ébat a des spectateurs : les esclaves. Au niveau de la représentation de la chose, Rome appelle d'ailleurs une fois de plus un chat un chat, que ce soit par les mots ("Octave, chéri, tu as déjà pénétré quelqu'un ?" demande avec décontraction Atia à son fils) ou par l'image (les plans particulièrement osés sur le pénis imposant de l'esclave offert à Servilia).
Dans la série, la sexualité est clairement instrumentalisée, car rarement une fin en soi. Elle sert souvent à obtenir quelque chose, manipuler ou détruire quelqu'un. Les dernières scènes entre Servilia et Octavia, dont le baiser chaste deviendra baiser saphique, annonce aussi l'utilisation du sexe comme arme de vengeance et de destruction lascive.

Critiques   article(s)

1x11 - Espoirs déçus (1017 mots)
1x9 - Tromperies (1157 mots)
1x5 - Négociations (955 mots)
1x2 - Guerre et sexe (908 mots)

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