Une nouvelle fois, cet épisode s'ouvre sur un temps faible de la trame historique relatée dans Rome. César a vaincu, et Brutus, partagé entre ses liens avec César et le reniement de ses idéaux républicains, rentre chez sa mère, qui l'accueille assez froidement. On apprend également par le crieur public que César, génie politique autant que militaire, a opté pour un pardon général envers les patriciens qui avaient fui Rome pour la Grèce. Seul Pompée est déclaré traître et César a décidé, encore une fois, de le poursuivre jusqu'en Egypte. César débarque donc avec un petit détachement à Alexandrie. La cour de Ptolémée XIII, enfant-roi manipulé par son entourage, est présentée comme un lieu d'intrigues aux mœurs sournoises et barbares. Les pals permanents du mur d'enceinte du palais royal accueilleront ainsi trois nouvelles têtes au cours de l'épisode. Réclamant qu'on lui livre Pompée, César se voit d'ailleurs offrir un homme décapité, ce qui le met dans une colère noire. Malgré la mort de son ennemi, il voit surtout là un affront fait à un consul romain, et donc à la puissance de Rome. Ce sont deux conceptions du pouvoir et de l'honneur qui s'affrontent. César donne alors à son adversaire une crémation selon les rites romains (les scènes d'obsèques, intimes ou officielles, pullulent dans Rome), lors de laquelle il pleure certes l'ancien compagnon, mais parachève aussi en personne son triomphe sur son rival politique. Comme d'habitude dans la série, le privé s'oppose au public tout en le colorant.
En Egypte, César continue à façonner une doctrine politique mêlant bluff et autoritarisme. Décidé à arbitrer les démêlées entre le pouvoir en place et la princesse Cléopâtre, qui revendique le trône, César cherche avant tout à prévenir tout risque de guerre civile. Celle-ci gênerait en effet l'approvisionnement en blé de Rome. De toute façon, César a tout intérêt à instaurer la paix dans cet Etat vassal en proie à une instabilité chronique. Pour arriver à ses fins, et malgré sa position de faiblesse (peu d'hommes avec lui, un pouvoir encore fragile), César a recours au chantage (les créances du pouvoir égyptien) et à l'instrumentalisation de Cléopâtre, qui s'avérera être une alliée plus que consentante. La série fait donc entrer en scène la mythique Cléopâtre sous un jour déroutant : opiomane alanguie et féline, perdue dans le désert et sur le point d'être exécutée, prise entre démence et accoutumance. Elle est pourtant hautaine, racée et majestueuse à sa façon, et conforme en cela à l'imaginaire collectif, son palais nomade de bois et de toile exaltant par ailleurs la fragilité de son destin historique. Décidé à retrouver la princesse captive pour l'asseoir sur le trône, à qui César confie-t-il cette mission cruciale ? A Vorenus et Pullo, bien entendu, qui ont ainsi à nouveau rendez-vous avec l'Histoire dans une sorte d'aventure orientale dont l'exotisme rappelle un peu l'âge d'or d'Hollywood et les serials des années 30 et 40. Maîtresse dans l'art de la manipulation et bien consciente de n'être que "la marionnette" de son libérateur, Cléopâtre veut séduire César et lui donner un héritier, moyen d'assurer son avenir personnel comme celui de son pays. La princesse cherchant à optimiser sa période d'ovulation, l'enjeu donne lieu à quelques scènes de comédie sous la tente, avec Pullo et surtout Vorenus, qui, sommé de pénétrer la souveraine, rétorque qu'à Rome "les hommes ne sont pas utilisés par les femmes de cette manière". Sans surprise, Pullo aura moins de réticences...
Le final de l'épisode nous offre une séquence assez lyrique où se mêlent les ébats de César et Cléopâtre, et de Servilia et Octavia, pendant que Vorenus fait le guet face aux partisans de Ptolémée. Les grands thèmes de la série y sont brassés : sexe, politique, guerre et vengeance. Au Sénat, une scène tendue entre Marc Antoine, Brutus et Cicéron annonce clairement le meurtre et le sort public qui sera fait aux mains de ce dernier au cours de la saison 2. Alors que tous se demandent si César, encore une fois loin de Rome, saura s'en sortir comme à son habitude, Marc Antoine annonce que son chef a rompu le siège dont il était prisonnier depuis un an à Alexandrie. Comme il s'en étonne lui-même, César "est décidément un prodige." Au terme de cette habile ellipse d'une année, on assiste donc à la présentation officielle du descendant mâle qui manquait à César et qu'a su lui donner Cléopâtre : Césarion. Mais ni le téléspectateur ni Pullo ne sont dupes...