Caton et Scipion errent en Afrique, suivis d’un détachement sans envergure, composé de quelques soldats et d’esclaves. Ils sont perdus dans tous les sens du terme. Après la cuisante défaite essuyée par l’armée de Pompée face à César, ils n’ont guère d’autre choix que de se rallier au dictateur. César avance ses pions de façon stratégique et militaire et depuis le début des hostilités, à chaque confrontation, il réussit à mettre son adversaire en échec. Si Pompée a déjà eu l’occasion d’inverser la donne, il devient presque impossible aux partisans du consul de renverser, désormais, Julius. Ce dernier conforte son assise sur le trône. Ses victoires militaires lui assurent la crainte de ses ennemis à Rome et dans les provinces. L’opposition est si écrasée et démantelée, sans réelle force de frappe, que sa crédibilité s’évapore également. Les partisans de Pompée ne sont plus, alors, vus comme des ennemis, titre devenu trop honorifique, mais comme des traîtres. Rappelons que dans les premiers épisodes, c’était par ce terme que César était désigné le plus souvent.
En politique, la clémence n’est jamais gratuite et si Julius pardonne à Brutus et l’accepte dans ses rangs, c’est qu’il a tout intérêt à garder au plus près de lui ses opposants. Et c’est ce qu’il attend de Scipion et de Caton, qu’ils rentrent à Rome lui demander son indulgence et sa protection. En échange, le nouveau maître de la cité peut bien s’appuyer sur eux pour diriger d’une main de maître la plèbe.
Mais Caton souffre de devoir s’agenouiller devant César pour qui il a la plus grande hostilité. Par orgueil, par haine du dictateur, par fidélité à Pompée, il ne peut s’y résoudre. Alors qu’il discute de la marche à suivre avec Scipion en lui signalant qu’il n’a pas son ouverture d’esprit, on le voit quitter la table subitement pour mettre fin à ses jours. Le suicide plutôt que le compromis. Scipion choisit, aussi, la mort et ordonne à un aide de camp de l’égorger sur une plage déserte. C’est une perte pour César qui aurait pu profiter des talents indéniables des deux patriciens pour garantir sa légitimité politique, le sénat l’aurait rallié plus de gré que de force et la plèbe se serait adoucit à son égard. La crainte aurait disparu des ruelles et la dictature n’en aurait plus l’apparence. Avec ces deux hommes à ses côtés, Julius avait tout à gagner et c’est justement ce que voulaient empêcher à tout prix, Caton et Scipion.

A Rome, Servilia complote contre César. Sa rancœur vis-à-vis de Julius n’a d’égal que son esprit de vengeance. Une véritable haine, désormais, anime le cœur de l’ancienne maîtresse qui n’a plus qu’un désir, voir César écrasé et humilié comme elle l’a été lorsque ce dernier a préféré interrompre leur relation pour taire les rumeurs de la plèbe. Son esprit semble plus machiavélique que celui d’Atia. Elle décide, alors, de se servir d’Octavia, sa nouvelle amante, pour découvrir l’affliction de César et l’envoie auprès de son frère Octave pour le faire parler. Dans l’entourage proche, il est le seul à connaître le secret de la maladie de Julius. Mais le jeune patricien est loin d’être naïf. Passé maître dans l’art de déceler le mensonge autant que la flatterie, il devine les intentions de sa sœur à son égard. Cette dernière use de l’arme la plus redoutable en politique comme ailleurs, pour arriver à ses fins, le sexe. Une scène marque le summum de la décadence sous jacente de la série, Octave et sa sœur dans des ébats incestueux. Malgré ce stratagème, le fils Julii ne confie rien sur l’oreiller à Octavia. On voit dans cette scène la cruauté politique de Rome qui s’invite jusque dans les rapports entre un frère et sa sœur. Le sexe, toujours décrypté sous tous les angles dans la série depuis le premier épisode, est décrit comme le moyen le plus sûr en politique. Par cet acte, chacun essaye de lire le jeu de l’autre. Alors qu’Octave tente de renforcer son union avec sa sœur, en cimentant la confidence dans son sens et non l’inverse, Octavia essaye par ses avances d’affaiblir l’esprit rusé de son frère et d’ouvrir une porte sur ses secrets.
En parallèle de l’intrigue de fond, Titus et Lucius retrouvent les leurs après deux ans d’absence. Vorenus se voit confier la charge de magistrat par César, en personne. Pullo souffre de ne pas être véritablement aimé par Eirene qui voit en lui plus un maître qu’un amant.
Cet épisode sonne la gloire imminente de César. Le général n’a plus de craintes réelles à avoir. Ses ennemis sont muselés, morts ou acquis à sa cause, son armée est renforcée. Seule, Servilia pourrait, à ce jour, apporter un semblant de discorde en découvrant l’épilepsie du souverain.