Tamar Liebes : Dallas, universellement impitoyable

Pourquoi vous êtes-vous intéressée à Dallas ?
Jamais un phénomène télévisuel n’avait atteint une telle notoriété à travers le monde. Sur tous les continents, on connaissait Dallas, des universitaires américains et européens se disputaient autour de la question, les diffusions se multipliait. La série s’est vite imposée comme un sujet d’étude passionnant. Le plus impressionnant, c’est qu’il ne s’agissait pas là d’une œuvre d’action, où la qualité des poursuites ou des scènes de combat aurait fédérer des publics très diversifiés, mais d’une série extrêmement bavarde, complexe et, plus surprenant encore, terriblement américaine – l’incarnation la plus parfaite de ce qu’on appelait déjà l’impérialisme culturel…
Comment expliquer un tel succès ?
Quelques rares pays, dont le Japon, ont échappés au phénomène Dallas. Pourquoi ?
Pour certains téléspectateurs musulmans très pratiquant, il était embarrassant qu’un homme et une femme regardent Dallas ensembles. Dès lors, deux groupes se formaient, dans deux maisons, celui des hommes et celui des femmes. Par ailleurs, ces mêmes téléspectateurs avaient une propension à réécrire l’histoire pour qu’elle corresponde plus à leurs valeurs, à une image de la société où les femmes ne fument pas et, a fortiori, où elles ne trompent pas leurs époux. Par exemple, quand Sue Ellen se cache chez le père de son amant, ils résumaient l’épisode d’un « Sue Ellen rentre chez son père »…

Quel impact a eu Dallas sur l’image des Etats-Unis à travers la planète ?
Le fait que Dallas soit une série et non un film est-il déterminant dans son succès ?


RECEVEZ CHEZ VOUS
Le numéro 17 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, Lost et son personnage clef, livraison et éclairage scénaristique avec Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux showrunners de la série. En bonus : les interviews de Naveen Andrews (Sayid) et Jorge Garcia (Hugo). Pour l’été, la rédaction vous propose un zoom de près de 20 pages sur les X-Files de Chris Carter, et vous offre en prime un entretien avec le maître. Côté dossier : une radiographie conséquente du soap-opera. Egalement au programme de ce double numéro estival : les confessions de Tim Kring, créateur de Heroes qui revient sur l’échec de la saison 2 de sa série comic. Au rayon cahier critiques, Big Love (saison 2), Californication (saison 1), Engrenages (saison 2), mais aussi Meadowlands, Dirt, The L Word, The Office, My name is Earl, et les principales autres sorties de l’été. Enfin, côté Points de Vue : le générique de The L Word, un gros plan en forme de confrontation musicale au sommet entre David Bowie et Mick Jagger, les portraits de Gaïus Baltar (Battlestar Galactica) et Joséphine Karlsson (Engrenages), une séquence de [MI-5], un tour d’horizon de l’Italie et un Ma Série et moi par Emma de Caunes. La rédaction de Générique(s) vous donne rendez-vous pour une nouvelle saison à la mi-septembre.

