François Staal
Quel est votre parcours ?J’ai un parcours d’autodidacte. Je suis venu à la composition de bandes originales par le théâtre. Avec mes proches, on voulait faire du cinéma, de la télévision et on a commencé par les planches. L’un de mes amis a monté une pièce dans le cadre universitaire. J’étais déjà musicien et j’ai donc logiquement voulu en faire la musique. Tout est parti de là. Après, j’ai travaillé pour le court métrage d’un autre ami, puis pour une autre pièce de théâtre, un téléfilm, un documentaire, etc. Au départ, j’étais dans une démarche et une envie d’amateur. Puis, ça s’est professionnalisé.Pourquoi vous considérez-vous comme autodidacte ?Compositeur de musique de film, c’est un métier à part, si l’on peut appeler ça un métier. Je connais le solfège, mais sans être un grand technicien, un spécialiste. J’ai commencé par la guitare et suis devenu assez rapidement multi-instrumentiste. J’avais une passion pour la musique de film depuis toujours et je m’y suis formé tout seul. Avoir une formation classique ou jazz n’est pas un handicap, loin de là. Mais ce n’est pas nécessaire. D’ailleurs, beaucoup de compositeurs de BOF sont autodidactes. Je pense même qu’il y a une relation entre autodidactisme et musique de film. Gabriel Yared a appris tout seul, Ennio Morricone aussi. Le travail de compositeur de musique de film sera de comprendre l’œuvre. John Williams considère que c’est un travail de traducteur et je trouve également qu’il y a quelque chose de cet ordre dans ce type de composition, où l’art musical se met au service de la fiction et de l’image.
Vous citez John Williams, qui est un chef d’orchestre classique…Williams doit avoir une formation classique et, en plus, son écriture est classique. Mais ce n’est pas un parcours nécessaire. Et je pense encore une fois qu’en se faisant tout seul, on peut créer des choses qui vont bien servir la composition de BO. C’est mon sentiment en tout cas.Quels sont les derniers projets sur lesquels vous avez travaillé ?Dernièrement, j’ai fait la musique du téléfilm de Laurent Jaoui La Traque, diffusé sur Canal +. Avant, j’ai travaillé sur Divine Émilie d’Arnaud Sélignac, passé sur France 3. Ainsi que Dombais & Fils, la fiction en 2x90’ présentée ici à Reims en avant-première, réalisée encore une fois parLaurent Jaoui. Actuellement, je suis en train de travailler sur La Dame de Montsoreau, une adaptation en deux parties de l’œuvre d’Alexandre Dumas, produite par Telfrance et mise en scène par Michel Hassan.
Quelles sont les difficultés rencontrées lorsqu’on compose de la musique pour des fictions télé ?D’un point de vue financier, le plus dur à faire pour un musicien est de composer pour une mini-série. Il faut travailleur sur au moins deux films, alors qu’on n’a pas le budget de deux films. Ça donne des conditions de travail particulières. Par contre, ce qui est plaisant à faire sur les mini-séries, c’est qu’on peut développer dès l’épisode 1 des thèmes musicaux en rapport avec les épisodes suivants.Faire la musique d’un téléfilm, est-ce la même chose que pour un long métrage ?En France, on fait une grande différence entre la télévision et le cinéma. Pour moi, un film est un film. Il faut le traiter comme tel. Quand on voit un film de cinéma à la télévision, on voit 90 ou 120 minutes de fiction qui passent sur un téléviseur. Et pour le compositeur, c’est le même travail, il n’y a pas de différence. Enfin si, il y en a une dans la pratique : les budgets ne sont pas les mêmes. Et, jusqu’à récemment, seuls les films de cinéma étaient au format audio 5.1. Mais c’est aussi le cas des dernières fictions télé auxquelles j’ai pu collaborer. Le 5.1, cela offre des possibilités que l’on n’a pas avec la stéréophonie simple. C’est donc une raison de plus qui invalide la dichotomie entre cinéma et télévision.Et avec la composition de BO de séries, y a-t-il une différence ? Car les scénaristes répètent maintes fois que l’écriture d’une série et celle d’un film diffèrent…Disons que si on regarde les séries, du moins les séries américaines, on s’aperçoit qu’elles comprennent souvent beaucoup plus de musique que les unitaires télé ou les longs métrages. Faire la musique d’une série, cela peut être formidable s’il y a un parti pris, un vrai genre, comme dans Twin Peaks ou X-Files… Si la musique n’est juste qu’un faire-valoir, cela peut vite tourner au cauchemar.
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Le numéro 17 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, Lost et son personnage clef, livraison et éclairage scénaristique avec Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux showrunners de la série. En bonus : les interviews de Naveen Andrews (Sayid) et Jorge Garcia (Hugo). Pour l’été, la rédaction vous propose un zoom de près de 20 pages sur les X-Files de Chris Carter, et vous offre en prime un entretien avec le maître. Côté dossier : une radiographie conséquente du soap-opera. Egalement au programme de ce double numéro estival : les confessions de Tim Kring, créateur de Heroes qui revient sur l’échec de la saison 2 de sa série comic. Au rayon cahier critiques, Big Love (saison 2), Californication (saison 1), Engrenages (saison 2), mais aussi Meadowlands, Dirt, The L Word, The Office, My name is Earl, et les principales autres sorties de l’été. Enfin, côté Points de Vue : le générique de The L Word, un gros plan en forme de confrontation musicale au sommet entre David Bowie et Mick Jagger, les portraits de Gaïus Baltar (Battlestar Galactica) et Joséphine Karlsson (Engrenages), une séquence de [MI-5], un tour d’horizon de l’Italie et un Ma Série et moi par Emma de Caunes. La rédaction de Générique(s) vous donne rendez-vous pour une nouvelle saison à la mi-septembre.

Compositeur de musique de film, c’est un métier à part, si l’on peut appeler ça un métier. Je connais le solfège, mais sans être un grand technicien, un spécialiste. J’ai commencé par la guitare et suis devenu assez rapidement multi-instrumentiste. J’avais une passion pour la musique de film depuis toujours et je m’y suis formé tout seul. Avoir une formation classique ou jazz n’est pas un handicap, loin de là. Mais ce n’est pas nécessaire. D’ailleurs, beaucoup de compositeurs de BOF sont autodidactes. Je pense même qu’il y a une relation entre autodidactisme et musique de film. Gabriel Yared a appris tout seul, Ennio Morricone aussi. Le travail de compositeur de musique de film sera de comprendre l’œuvre. John Williams considère que c’est un travail de traducteur et je trouve également qu’il y a quelque chose de cet ordre dans ce type de composition, où l’art musical se met au service de la fiction et de l’image.
Laurent Jaoui. Actuellement, je suis en train de travailler sur La Dame de Montsoreau, une adaptation en deux parties de l’œuvre d’Alexandre Dumas, produite par Telfrance et mise en scène par Michel Hassan.
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Je ne connaissait pas votre site. Merci beaucoup.
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