Blanche Gardin
Quel a été votre parcours et comment êtes-vous venue à la comédie ?Rien ne me prédestinait vraiment à ce que je fais actuellement. J’ai obtenu un DEA de sociologie à Nanterre et me suis par la suite dirigée vers des carrières sociales. Pendant trois ans, j’ai été éducatrice de rue, dans un foyer ou encore à la Ddass. Depuis 1997 je tournais des sketches vidéo avec mon ami Ali Arhab à la réalisation, pour le délire et le plaisir, sans penser en faire mon métier. Notre rencontre avec l’auteur et metteur en scène Kader Aoun à l’été 2005 a changé la donne. J’ai rencontré Jamel Debbouze puis participé au Jamel Comedy Club en 2006 sur Canal +. Parallèlement, grimée en Nino, j’ai joué dans le module Kaïra Sat au cours de la dernière saison du Vrai Journal de Karl Zéro, toujours sur la Quatre. On a pu aussi me voir faire quelques apparitions dans Le Grand Journal de Michel Denisot. Maintenant, il y a sur Comédie! Ligne Blanche.Justement, comment l’idée de Ligne Blanche a-t-elle germé ?
Avec Ali, j’ai rencontré Alain Kappauf, co-créateur de Caméra Café, co-producteur de Kaamelott et fondateur de Kabo Productions avec Christian Baumard. Il était intéressé par ce qu’on faisait. Il y a environ six mois, il nous a prévenus d’une opportunité à saisir sur Comédie!, la possibilité d’y animer une émission. Il a fallu ensuite réfléchir au format et ce n’était pas évident, car on avait surtout une expérience des sketches courts. Mais petit à petit, le principe d’un plateau d’émission lui-même comique, lançant les saynètes parodiques, est devenu utile pour lier le tout. On peut se lâcher sur Canal +, mais c’est encore plus vrai sur Comédie! qui a un côté « laboratoire ». On peut y expérimenter des choses.Pouvez-vous nous présenter la troupe des « Intermythos » sur laquelle vous vous appuyez pour Ligne Blanche ?La troupe a été fondée en 2001 par moi et Ali Arhab, que je connais donc depuis mes 20 ans. C’est simple, on ne se quitte plus depuis que j’ai fait une improvisation devant sa caméra à un anniversaire, il y a dix ans. Sylvain Lopéra, Nicolas Deconinck, Elsa Joly, Maia Sandoz (ndlr : vue dans J’ai vu tuer Ben Barka de Serge Le Peron et Saïd Smihi) ou encore Fatsah Bouyahmed en font également partie. Globalement, on écrit tous. On joue tous, sauf Ali qui réalise. La création des « Intermythos » a coïncidé avec le développement de l’écriture de notre part.Le personnage de Nino, gamin de cité aux incisives de lapin présent dans Kaïra Sat et LigneBlanche, est une de vos compositions récurrentes. Qu’est-ce qui vous l’a inspiré ?
Je n’avais qu’à puiser dans mes expériences personnelle et professionnelle. Je suis née en banlieue, à Asnières, dans les Hauts-de-Seine. Comme éducatrice, j’ai aussi beaucoup côtoyé de jeunes banlieusards. Je dirais même que j’ai toujours été plus du côté des voyous que des gens sages.Que pensez-vous de ce qu’on appelle les shortcoms (Caméra Café…) ? Ne se rapprochent-elles pas de vos sketches ?En fait, si on prend Ligne Blanche dans sa totalité, avec le plateau, c’est du 26 minutes. Mais d’après l’expérience que j’ai des "sketches-fictions" de courte durée, je dirais que ça permet de bien déconner avec les personnages, de montrer une palette de gags assez large. J’aime aussi beaucoup ce que fait Zazon sur France 4, avec Toutaz. Il y aura toujours quelque chose à faire avec ce type de sketches. C’est assez agréable à "manier", même s’il ne faut pas rester collé à ça. Il y a d’autres formats à exploiter.Est-ce que ces shortcoms ou les sketches des autres ont pu vous influencer pour l’écriture ?Non, pour une raison simple, c’est que l’on n’est pas du tout télé dans l’équipe, moi encore moins que les autres. Je ne regarde la télévision que depuis récemment et je la regarde peu. J’ai grandi dans un milieu qui y était très hostile, où le téléviseur était dans une cave qui sentait le moisi. C’est ce qui me permet selon moi d’être indépendante vis-à-vis de cet univers, de garder un côté "à l’ouest" qui est bien utile pour l’écriture.Vous ne regardez donc pas de séries télévisées……Non, pas du tout. Mais ça me permet de mieux voir les choses, de les percevoir de façon décalée. Sans compter que mes collègues, qui regardent de temps en temps tel ou tel programme, m’en parlent et peuvent parfois m’aiguiller. Après, il suffit de rechercher et trouver sur Internet les informations adéquates pour l’écriture des parodies. À l’arrivée, on obtient Confessions indignes au lieu de Confessions intimes, ou alors des croisements, la Super Nanny de l’émission de télé-réalité du même nom se retrouvant dans La Petite maison dans la prairie. Elle, c’est vraiment un personnage caricatural intéressant, comme je les aime.La télévision vous offre-t-elle de quoi exploiter vos jeu et vos compétences ? Préférez-vous les planches ?
C’est différent. Disons que j’aime bien les deux. Sur les planches, je peux m’adresser plus directement et sincèrement au public. C’est le principe du stand-up. Par contre le côté clown ressort moins, car je ne peux pas faire autant la folle sur scène que dans les sketches.Comment procédez-vous pour écrire les sketches ?On s’isole. On essaye toujours de partir d’une idée à plusieurs, avec l’équipe. Si l’idée plaît à tout le monde, on développe les sketches à partir de brefs pitchs de trois lignes. Jusqu’à maintenant, on a procédé en écrivant les six émissions de 26 minutes à la suite, avant de les tourner. Alors évidemment, il y a beaucoup de choses, généralement des plus, qui apparaissent au tournage. Le maquillage par exemple, qui aide à entrer dans la peau des personnages interprétés.Quels sont vos futurs projets ?Tout va se décider dans les mois à venir. On a des projets d'écriture pour le cinéma, pour lesquels on ne sait pas encore si l'on sera devant la caméra. Par ailleurs, la saison 2 du Jamel Comedy Club va commencer sous peu.
(3)


RECEVEZ CHEZ VOUS
Le numéro 17 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, Lost et son personnage clef, livraison et éclairage scénaristique avec Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux showrunners de la série. En bonus : les interviews de Naveen Andrews (Sayid) et Jorge Garcia (Hugo). Pour l’été, la rédaction vous propose un zoom de près de 20 pages sur les X-Files de Chris Carter, et vous offre en prime un entretien avec le maître. Côté dossier : une radiographie conséquente du soap-opera. Egalement au programme de ce double numéro estival : les confessions de Tim Kring, créateur de Heroes qui revient sur l’échec de la saison 2 de sa série comic. Au rayon cahier critiques, Big Love (saison 2), Californication (saison 1), Engrenages (saison 2), mais aussi Meadowlands, Dirt, The L Word, The Office, My name is Earl, et les principales autres sorties de l’été. Enfin, côté Points de Vue : le générique de The L Word, un gros plan en forme de confrontation musicale au sommet entre David Bowie et Mick Jagger, les portraits de Gaïus Baltar (Battlestar Galactica) et Joséphine Karlsson (Engrenages), une séquence de [MI-5], un tour d’horizon de l’Italie et un Ma Série et moi par Emma de Caunes. La rédaction de Générique(s) vous donne rendez-vous pour une nouvelle saison à la mi-septembre.

Justement, comment l’idée de Ligne Blanche a-t-elle germé ?
Blanche, est une de vos compositions récurrentes. Qu’est-ce qui vous l’a inspiré ?
La télévision vous offre-t-elle de quoi exploiter vos jeu et vos compétences ? Préférez-vous les planches ?
Voir tous les commentaires
Carrément craquante.