Par Guillaume Regourd

Interprète principal de Farscape puis de Stargate SG-1, Ben Browder est un des acteurs les plus populaires du genre science-fiction à la télévision. Suite de l’entretien réalisé dans le cadre du dossier « Mais où va la SF ? » du dernier numéro de Générique(s).

A 45 ans, l'Américain Ben Browder a déjà derrière lui une solide carrière à la télévision. Après un rôle récurrent décroché en 1997 sur la troisième saison de La Vie à Cinq, il devient deux ans plus tard l'acteur principal du très bon space opera Farscape. Quatre saisons et plusieurs téléfilms plus tard l'aventure s'arrête. Il est immédiatement embauché pour suppléer Richard Dean Anderson sur Stargate SG-1 et emmener le casting de la série. Rôle tenu pendant trois ans. Désormais ses projets sont nombreux : une hypothétique participation à la résurrection en websérie de Farscape et une apparition dans les prochains longs-métrages Stargate. Autant de sujets sur lesquels il s'est montré peu loquace. Rien n'est fait semble-t-il. A l'inverse, il est plus disert en ce qui concerne Going Homer, projet de série qu'il a proposé à la chaîne US Sci Fi. L'histoire d'un jeune homme qui sait que les dieux du panthéon grec vivent toujours parmi nous aujourd'hui.

A vos débuts sur Farscape, vous attendiez-vous à ce que la série soit un tel succès et attire à ce point l’attention des fans de SF ?

Je crois que personne n’avait envisagé un tel destin pour Farscape… C’était une série si peu banale… C’était aussi la première fois que je jouais le premier rôle dans une série. S’installer en Australie pour le tournage fut une expérience incroyable. Parce que les Australiens ont une façon bien à eux de faire des films. Ils ont une façon beaucoup moins formatée de penser, très différente de la façon dont un réalisateur de Los Angeles le ferait. Et c’était un privilège immense d’y participer pour moi qui ai toujours été un fan de science-fiction.

Qu’est-ce que vous aimez dans la SF ?

J’en lis beaucoup. J’ai commencé avec Arthur C. Clarke [l’auteur de 2001] et Ben Bova [connu pour le cycle Grand Tour]. En ce moment, je suis avec attention ce que fait Neal Stephenson. C’est un auteur incroyable. En fait j'aime surtout ses romans qui ne relèvent pas de la SF pure comme Cryptonomicon ou L’Age de diamant…

Justement, une mini-série tirée de L’Age de diamant est en projet sur Sci Fi. Vous en avez entendu parler ?

J’en ai entendu parler. Quelqu’un de la chaîne m’a dit que ça allait se faire. En tirer un film, c’est un gros morceau (rires).

Participerez vous à la websérie autour de Farscape que prépare Rockne O’Bannon, le créateur du show ?

Je serai plus qu’heureux de faire partie de ce projet mais cela ne dépend pas vraiment de moi. Je n’ai aucune info de l’intérieur que je puisse vous communiquer (rires).

De John Crichton de Farscape et de Cameron Mitchell dans Stargate SG-1, lequel de ces deux personnages que vous avez interprété est le plus populaire auprès des fans ?

Je n’en ai aucune idée. Je devrais peut-être demander à ma mère lequel elle préfère. Parmi les gens que je connais, elle est ce qui se rapproche le plus d’un fan (rires). Plus sérieusement, je n’ai jamais eu que des relations positives avec les fans des deux séries

Et vous, lequel est votre préféré ?

Si je laisse parler mon coeur, Crichton remporte l’Oscar. Mais je l’ai interprété beaucoup plus longtemps. Et une partie de l’affection que je lui porte vient du fait que j’étais sur Farscape dès le début.

A quel stade en est-on du développement de votre prochain projet Going Homer ?

On attend les notes de la chaîne sur la première version du script qui fait une quarantaine de pages.

Vous participez à l’écriture. Qu’est ce que cela représente pour vous ?

La différence avec le métier d’acteur, c’est que l’écriture se pratique de manière beaucoup plus autonome. Quand on joue, on n’est rien sans script et on n’est rien non plus sans public. On est beaucoup plus soumis. On vous dit « Ca tourne ! », puis on vous dit « Coupez ! ». La performance est circonscrite à ce court laps de temps. Quand on écrit, on n’est limité ni par le temps ni par l’intervention d’autres personnes. Il faut bien sûr à terme se confronter aux réalités de la production, mais sur le moment, on est très libre. La création n’a pas de limite.

Vous étiez déjà impliqué au jour le jour dans l’écriture de Farscape et avez même signé deux épisodes. Qu’avez-vous appris ?

C’est dur à dire. Il m’est difficile de distinguer ce que j’ai appris sur le plateau de ce que j’ai appris dans la salle d’écriture. A regarder les auteurs travailler, mettre en commun des idées nées au gré d’un processus personnel, je pense que j’ai surtout appris à déchiffrer la structure d’une histoire.