Par Emilie Semiramoth

Co-productrice exécutive, scénariste, compositrice, auteur du générique de The L Word et chanteuse du groupe Betty, Elizabeth Ziff met tous ses talents au service de la série. Militante, féministe et foncièrement engagée contre l'administration Bush, The L Word est pour elle le moyen de clamer haut et fort les droits de la communauté homosexuelle.

Comment êtes-vous venue à travailler pour la série ?

Showtime voulait changer la musique de son générique. Ils ont commencé à rencontrer différents groupes qui étaient impliqués aussi bien dans le milieu gay et lesbien que les mouvements féministes. Et on était l'un de ces groupes. On vient de l'underground, on a beaucoup travaillé avec des groupes gay et des groupes de femmes même en dehors de la musique. Et puis, on leur a renvoyé notre chanson, ils l'ont aimée et ils l'ont prise. En fait, peu avant, Ilene Chaiken était venue à l'un de nos concerts à Chicago. On est toutes devenues amies et elle m'a demandé de venir travailler sur le show. Elle m'a demandé d'être compositeur sur l'un des épisodes. Je suis donc arrivée sur la deuxième saison. Elle voulait que la musique reflète la personnalité des personnages. J'ai donc travaillé sur un épisode. Elle a aimé et je travaille sur chacun d'entre eux depuis.

À propos de la chanson du générique, pouvez-vous nous raconter dans quelles circonstances vous l'avez écrite ?

En fait, j'ai travaillé d'abord avec Ilene sur cette chanson. Nous avons écrit les paroles ensemble. Et puis, avec mon groupe Betty, nous l'avons mise en musique et c'est à ce moment-là que nous l'avons envoyée à Showtime.
En fait, avec cette chanson, il ne s'agit pas vraiment de faire passer un message. Le but était surtout de faire une chanson qui colle vraiment à l'esprit de la série, à la fois marrante et facile à retenir, et à laquelle les gens pourraient s'identifier. Un titre qu'ils pourraient chanter dès qu'ils l'entendent ! La chanson a donc été composée avant et les images du générique ont été faites plus tard. On a bien sûr dû la tronquer par la suite pour qu'elle corresponde à la longueur du générique final.

Vous êtes également créditée comme "co-productrice exécutive", vous ne vous occupez donc pas que de la musique ?

Non, j'écris également pour la série, c'est-à-dire que je participe à la création même de la série avec les autres auteurs. En fait cette fonction de productrice signifie que je réécris certains épisodes. Je suis également en charge d'Howard Paar, le music supervisor, ainsi que de toute l'édition musicale, je participe aux castings et je m'implique pas mal dans la production en général.

À propos de votre rôle de compositrice, comment travaillez-vous ? Est-ce que vous commencez à penser à la musique dès l'écriture ?

Oui, je fais tout en même temps. Souvent dès l'écriture, je sais quelle importance va avoir cette scène, qu'elle va avoir une tonalité plutôt dramatique par exemple. Mais composer pour la télévision est un peu plus compliqué car il faut travailler très vite. Ce n'est pas comme pour un film où vous avez trois ou quatre mois... Là, vous avez seulement deux ou trois jours pour composer la musique d'un épisode. Donc je pense déjà musicalement quand j'écris ou réécris un script. Et puis ça peut changer. Parfois, cela dépend simplement de l'humour du jour, comment je sens les harmonies de piano que j'essaie de poser sur une base dramatique... Et puis ça dépend également de l'atmosphère de l'épisode. J'essaie de sentir quelle va être l'humeur, l'état d'esprit de l'épisode ou tout simplement de ce moment-là. En fait, ça dépend de plein de paramètres. C'est vraiment la partie la plus excitante de mon boulo

Et ce que vous composez pour la série, est-ce différent de ce que vous faites avec Betty ?

Oui, beaucoup. Je suis vraiment sous influence. Musicalement, tout m'inspire, comme