L'interprète de Dale Arden, compagne de Flash Gordon dans l'adaptation plutôt passable diffusée depuis le 16 septembre sur Sci-Fi, rencontrée lors du dernier Festival de la télé de Monte Carlo, revient pour Générique(s) sur la série et sur son personnage.

Connaissiez-vous le comic avant de jouer dans cette adaptation ?

Je le connaissais de nom, comme beaucoup de monde. J’avais vaguement conscience de l’histoire, mais j’ai été briefée par mon frère, qui est un fan. Une fois que j’ai été certaine d’incarner Dale Arden, j’ai acheté des BD, je me suis documentée, pour mieux comprendre l’historique de ce personnage.

Ce personnage a été décliné en de multiples versions. Laquelle vous a inspiré ?

En fait, aucune en particulier. Dale Arden, dans les premières versions du comic, est une femme de son temps. Une héroïne des années 40 peut difficilement ressembler à une femme moderne. J’ai donc pris la liberté de mettre beaucoup de moi dans cette nouvelle version, de faire de Dale ce que bon me semblait. Tout ce que j’avais à respecter, c’est son travail de reporter… Le reste, c’est moi.

A quoi ressemble votre Dale ?

Elle entretient toujours une relation romantique avec Flash, mais elle n’est plus la demoiselle en détresse du comic. Elle lui sauve la mise régulièrement, elle lui fournit des informations, bref, elle est une véritable coéquipière pour lui.

Il semble que les personnages féminins « secondaires » aient de plus en plus souvent cette capacité à sauver la peau de leur « sauveur » de super héros…

Exactement ! J’aime particulièrement cette idée, qui ne fait au fond que refléter la réalité de notre société. Les femmes ne se laissent plus sauver. Elles deviennent président, elles occupent des postes à responsabilité, etc. Je ne suis pas une féministe, je pense simplement que les rôles féminins ont toutes les raisons d’êtres aussi forts que les rôles masculins, comme c’est heureusement de plus en plus souvent le cas dans nos sociétés.

Après Clark Kent et Lois Lane, voici une « super journaliste » de plus. Qu'y a-t-il de si romantique et excitant dans ces héros reporters ?

Dans le cas de Dale, son métier incarne sa curiosité, son côté intrépide et sa capacité à dénicher des informations utiles aux enquêtes de Flash. Clark Kent, à l’inverse, était un peu journaliste pour le côté « geeky » du job, à des années lumière du personnage de Superman.

Flash Gordon est une série pour adolescents, mais avec des personnages presque trentenaires…

Avec des héros plus vieux, l’histoire peut être plus complexe, les enjeux humains notamment peuvent gagner en profondeur. Le casting étant lui-même plus âgé, les acteurs peuvent donner cette complexité à leurs personnages. Du coup, je ne suis pas sûr que Flash Gordon soit seulement une série pour ados…

Quelle a été la réaction des fans ?

Mitigée, ce qui est tout à fait compréhensible. Quand on est fan, on est très exigeant. Certains détails de la série leur ont plu, d’autres moins. C’est naturel. Nous avons fait le maximum pour tirer des leçons de leurs conseils. Toutes les réactions sont bonnes à prendre, même les critiques.

La série semble ne jamais vraiment se prendre au sérieux…

Heureusement ! Il faut prendre du recul ! Flash Gordon n’est pas une série sérieuse, c’est une comédie d’aventure faite par des gens qui veulent s’amuser avant tout.

Visiblement, vous aimez beaucoup la culture française. Est-ce que ça vous tenterait de travailler avec des réalisateurs français ?

Si je peux, oui ! Si je pouvais, je ne travaillerais qu'ici. Bon, c'est un peu difficile, mais je sais que quelques fois, des films ont besoin d'Américains, de personnes qui parlent anglais et français, donc je suis prête ! Si je peux travailler ici pour quelques mois, je suis partante, oui. Je suis une vraie francophile.

Quels sont les réalisateurs avec lesquels vous aimeriez travailler ?

Alors je suis un peu fâchée avec les noms mais il y a celui qui a fait Delicatessen et La Cité des Enfants Perdus. Jean-Pierre Jeunet ! Woaw ! Et il a fait Amélie aussi. Si je peux faire quelque chose avec lui, je fonce. Et il y a aussi celui qui a fait ce film incroyable, Caché... Michael Haneke. C'est vraiment incroyable ce film est très différent des films américains avec cette caméra qui reste immobile comme ça très longtemps... Il y a une confiance dans le public ici en France qui n'existe pas dans une majorité de films américains. Parce que je crois que les réalisateurs et les auteurs français croient en l'intelligence de leur public et ça, c'est cool. Aux Etats-Unis, ce n'est pas vraiment ça, enfin plutôt dans les films indépendants.