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Obama sur les traces de Palmer

Barack Obama, premier président Noir des Etats-Unis, doit-il sa popularité à David Palmer, le charismatique président de 24 ?

Barack Obama, premier président Noir des Etats-Unis, doit-il sa popularité à David Palmer, le charismatique président de 24 ? Palmer, en incarnant la première figure crédible et durable de président afro-américain des Etats-Unis, semble avoir ouvert une brèche dans l’inconscient des électeurs, brèche dans laquelle Obama s’est immédiatement engouffré.

Dennis Haysbert, qui incarnait Palmer à l’écran, s’est chargé lui-même de faire la comparaison. « J’ai ouvert la voix à Barack Obama, se félicitait-il fin 2007 dans la presse américaine. Palmer a préparé l’esprit et le cœur des téléspectateurs américains, qui sont désormais près, si le bon candidat se présente, à élire un homme noir à la Maison Blanche. » Haysbert, qui a publiquement apporté son soutien à Barack Obama, s’est aussi fendu d’un aller-retour en hélicoptère sur un de ses meetings, et d’un modeste chèque de 2300 dollars. Et l’acteur de poursuivre : « Nous partageons un même point de vue sur ce que doit être la fonction présidentielle. Barack sait garder son sang froid. C’est comme ça que je voyais David Palmer : un homme d’une grande intelligence et qui sait contrôler ses émotions. »

Palmer, sans véritable étiquette politique, symbolise la sécurité, la fermeté mais aussi l’humanité dans une Amérique post-11 septembre en mal de figures protectrices. La couleur de sa peau importe peu. D’ailleurs, il n’en sera jamais fait référence dans la série. Apparu en candidat dans la première saison, il sera élu, et fera brillement son travail. Les plus sceptiques soulignent néanmoins que le président fictif de 24 se positionne bien plus à droite que son « double » réel, notamment sur les questions de politique étrangère. Ces remarques purement politiques n’ont pour l’instant pas refroidi les observateurs américains, qui se surpassent pour trouver des points communs entre les deux hommes. Ils font par exemple remarque que Palmer avait 48 ans quand il est entré à la Maison Blanche et que Obama en aura… 47. Outre leur couleur de peau, ils partagent une même voix de baryton et ont pour modèle le charisme et l’idéalisme de JFK.

Ils paraissent accessibles, humains, vrais, et revendiquent haut et fort une envie de rassembler l’Amérique au-delà des divisions sociales et raciales, les « jeunes et les vieux, les pauvres et les riches, les Blancs et les Noirs, les Hispaniques, les Asiatiques et les Amérindiens », dixit Obama. Soutenu par une immense majorité de la population afro-américaine – qui lui a notamment assuré sa victoire aux primaires en Caroline du Sud en votant à 80% pour lui – Obama veut lui aussi mettre de côté ses origines, autant que possible. Pour certains commentateurs, le sénateur de l’Illinois est plus proche encore d’un autre Palmer, Wayne (joué par D.B. Woodside, en photo ci-contre), lui aussi président des Etats-Unis. Leur « inexpérience » et leur jeunesse les rapprochent à un tel point que les producteurs de la série ne rejettent qu’à moitié l’hypothèse selon laquelle la candidature d’Obama les aurait poussé à asseoir Wayne dans le Bureau Ovale. Dans un pays où Ronald Reagan et Arnold Schwarzenegger ont accédés aux plus hautes fonctions, l’impact de la culture populaire sur le vote des citoyens est incontestable.

                                                                                                   Pierre Langlais


                                            

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