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Si la série 24 Heures Chrono n’a jamais lésiné sur l’hémoglobine, la violence ou la torture, c’est plus que jamais  l’increvable Jack Bauer qui se retrouve le plus souvent en porte-à-faux avec l’éthique dans cette saison 4. Dans la saison 2, ce héros feintait l’assassinat de la famille d’un jihadiste, pour le forcer à avouer la localisation de la bombe. Dans la troisième, il devait tuer son supérieur Ryan Chappelle pour éviter un drame bactériologique. Devant quitter son veston de bureaucrate et faire à nouveau le coup de feu, il revient plus féroce encore. Comme auparavant, le temps joue contre lui. D’où ses méthodes borderline et un rythme que les réalisateurs de la série s’échinent à dynamiter, offrant des situations toujours plus cauchemardesques. Condition sine qua non pour rendre à l’écran la vie d’un agent du contre-terrorisme aussi pimentée que celle d’un espion basé à l’étranger ? Volonté des auteurs de vouloir dépasser ce qu’ils ont fait dans les saisons précédentes ? En tout cas, d’un point de vue formel, 24 semble être une transfiguration télévisuelle des action movies hollywoodiens. Avec en sus leur violence et l’audace des meilleurs. 

Que la jambe d’un prisonnier peu loquace fasse les frais de sa gâchette facile, passe encore. Mais Bauer tarde ensuite à secourir un innocent pour pouvoir atteindre une base terroriste. Pire, il choisira la mort du mari de son amante, contre la survie d’un témoin détenant une information très importante ! Pragmatique sans être cynique, efficace tout en évitant de donner prise à ses sentiments, Bauer semble se déshumaniser au fil des saisons. Il agit presque tête baissée, même une fois sa belle libérée. Le fait de se faire passer pour un traître dans la saison 3 était osé. Mais braquer un commerce pour y retenir un terroriste est aussi risqué. Il franchit plus que jamais la frontière censée séparer l’agent fédéral qu’il est de ses adversaires.

Pas de droits pour les ennemis du droit !

La direction de la CTU n’est pas en reste, l’inflexible Driscoll étant prête à employer tous les moyens nécessaires pour faire parler le propre fils du ministre de la Défense ! Avec elle et Bauer, l’adage selon lequel on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs prend toute sa dimension. Ces épisodes semblent crier "Vous êtes avec nous ou contre nous !" à la face du spectateur tel le président Bush délivrant un de ses belliqueux discours de l’État de l’Union. On est loin de l’esprit irriguant la saison 2, qui esquivait le manichéisme "made in Fox News". Derrière le fondamentalisme oriental, pointaient le mercenariat occidental, la NSA et quelques cols blancs peu scrupuleux préférant les actions boursières au sens des responsabilités. Le tout sur fond d’évocation de la guerre d’Irak qui commençait.

Désormais, c’est une Amérique vindicative, au garde à vous devant l’actuelle administration Bush, qui semble s’exprimer et égratigner ses contempteurs. Une pique à Amnesty International, dite Amnesty Global, qui par droit-de-l'hommisme gauchisant libère de la CTU un méchant clef. Une autre contre l’incompétent vice-président Charles Logan promu à la Maison Blanche, lâche sans conviction affirmée, à l’opposé de ce que doit être un "bon républicain". Une attaque contre Richard Heller, fiston du ministre, idéaliste "à la Michael Moore" selon son père, qui s’obstine à mentir pour cacher son homosexualité. Une Amérique en conspue clairement une autre, moquant le camp de la paix via la figure du fils couard et gay qui ne s’assume pas, dont le père autorise la torture sans hésitation, ni remord. 

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Que la jambe d’un prisonnier peu loquace fasse les frais de sa gâchette facile, passe encore. Mais Bauer tarde ensuite à secourir un innocent pour pouvoir atteindre une base terroriste. Pire, il choisira la mort du mari de son amante, contre la survie d’un témoin détenant une information très importante ! Pragmatique sans être cynique, efficace tout en évitant de donner prise à ses sentiments, Bauer semble se déshumaniser au fil des saisons. Il agit presque tête baissée, même une fois sa belle libérée. Le fait de se faire passer pour un traître dans la saison 3 était osé. Mais braquer un commerce pour y retenir un terroriste est aussi risqué. Il franchit plus que jamais la frontière censée séparer l’agent fédéral qu’il est de ses adversaires.

Pas de droits pour les ennemis du droit !

La direction de la CTU n’est pas en reste, l’inflexible Driscoll étant prête à employer tous les moyens nécessaires pour faire parler le propre fils du ministre de la Défense ! Avec elle et Bauer, l’adage selon lequel on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs prend toute sa dimension. Ces épisodes semblent crier "Vous êtes avec nous ou contre nous !" à la face du spectateur tel le président Bush délivrant un de ses belliqueux discours de l’État de l’Union. On est loin de l’esprit irriguant la saison 2, qui esquivait le manichéisme "made in Fox News". Derrière le fondamentalisme oriental, pointaient le mercenariat occidental, la NSA et quelques cols blancs peu scrupuleux préférant les actions boursières au sens des responsabilités. Le tout sur fond d’évocation de la guerre d’Irak qui commençait.

Désormais, c’est une Amérique vindicative, au garde à vous devant l’actuelle administration Bush, qui semble s’exprimer et égratigner ses contempteurs. Une pique à Amnesty International, dite Amnesty Global, qui par droit-de-l'hommisme gauchisant libère de la CTU un méchant clef. Une autre contre l’incompétent vice-président Charles Logan promu à la Maison Blanche, lâche sans conviction affirmée, à l’opposé de ce que doit être un "bon républicain". Une attaque contre Richard Heller, fiston du ministre, idéaliste "à la Michael Moore" selon son père, qui s’obstine à mentir pour cacher son homosexualité. Une Amérique en conspue clairement une autre, moquant le camp de la paix via la figure du fils couard et gay qui ne s’assume pas, dont le père autorise la torture sans hésitation, ni remord. 

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Action multimédia

Depuis ses débuts, 24 met en exergue les objets hi-tech, les ordinateurs dernier cri et les logiciels multitâches. Dans cette saison 4, les scénaristes accentuent justement la place de choix donnée aux analystes informatiques. Tout employé de la CTU a son importance : l’agent de terrain en première ligne, tel Bauer, mais aussi l’informaticien, figure incarnée cette saison par un duo, Chloe O’Brian (Mary Lynn Rajskub, l’un des très rares personnages apparus dans la 3e saison ayant survécu) et le nouveau venu Edgar Stiles (Louis Lombardi, en provenance direct des Soprano), légère caution comique de la série, qui recherche des données, les décrypte ou stoppe on-line une fusion nucléaire. Des personnages rendent finalement possible une action dont ils sont tenus à bonne distance. De cette addition naît un job d’équipe, victorieux en amont et en aval des initiatives de la cellule.

Importance de la technique. Des images. Celles du 11 Septembre, antérieures de deux mois à la première diffusion de 24 aux USA et qui trouvent ici leur écho dans certains assauts terroristes. Celles des otages enlevés et exécutés en Irak, répétées dans la mise en scène choisie par les ravisseurs du ministre Heller. Ce nouveau conflit se fait ici par les armes et par les images de la réalité qui imprègnent la fiction

D’un péril à l’autre

Le 11 Septembre, antérieur à la diffusion du pilote de 24, a ouvert la boîte de Pandore de l’imagination scénaristique. Si la saison 1 cible des Serbes, l’islamisme radical est très vite abordé, jusqu’à cette famille turque Araz au centre de la saison 4. La série préfère insister sur l’origine ethnique que flétrir les musulmans. Mais on obtient un exotisme artificiel : accent grossier en version française, origines non turques d’acteurs pris pour leur faciès basané. Ainsi, on limite les risques d’accusation de racisme, mais pas la stigmatisation de toute orientalité, supposée ou réelle.

La série se vide, par réflexe politically correct, par souhait de simplification, de tout élément religieux trop marqué. Limité au strict minimum niveau imprécations, le discours revendicatif des islamistes n’a pratiquement plus rien d’islamique. Subsiste juste la critique de l’interventionnisme US et la défense des peuples opprimés. Ils représentent la cristallisation schématisée de l’ennemi anti-Occidental du moment. Avec son lot de traîtres utiles, tel ce pilote américain viré par l’armée et engagé par l’odieux Marwan pour descendre l’avion présidentiel. Ou cette jolie tueuse qui lui est associée. Sans oublier la mystérieuse Mandy, vue dans les saisons précédentes (la 1 et la 2). Par vengeance ou appât du gain, ces trois Anglo-Saxons servent une cause qui n’aurait guère de pitié pour eux sous d’autres latitudes. La simplification endoctrine, condense les enjeux. Par nostalgie d’un clivage clair et précis ?

Ces épisodes donnent en tout cas l’impression d’un retour à la dualité de la guerre froide. Parce q’un Chinois a collaboré avec Marwan, une opération officieuse est menée par Jack au consulat de Chine pour le retrouver. Le consul est tué dans l’inévitable fusillade. Les Chinois découvrent le pot aux roses et la responsabilité de Bauer. Au "péril vert" protéiforme semble succéder un nouveau péril jaune étatique. Le tout frais et déjà largué président Logan laisse alors son bras droit planifier le meurtre de Jack. David Palmer, devenu conseiller exceptionnel de Logan, prévient à temps Bauer du danger qui le guette. L’agent, aidé par ses amis, simule son décès. Bauer, qui se drogua et multiplie les chemins de croix dans son travail s’offre ici une résurrection christique. Ses proches de la CTU et l’ex-président des USA sont les apôtres du super-héros qu’il représente. Avatar d’Oncle Sam, Captain America sacrifié sur l’autel du statu quo diplomatique, il quitte un pays qui évite de justesse un nouvel affrontement bipolaire.

Chargé de la sécurité intérieure, Jack Bauer intériorisait, en l’appliquant au territoire national, l’obstination états-unienne à défendre bec et ongles mode de vie et valeurs à travers le globe. Mais avec son exil forcé et les compromis gouvernementaux, cette vision du monde semble se mettre en sommeil. Pour mieux se réveiller dans la saison suivante ?

 

 

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La Destinée manifeste de Jack Bauer

7h00 : une bombe fait dérailler un train. Portant une mallette sécurisée, un passager est abattu sur les lieux de l’accident. Alors qu’une famille californienne d’origine turque semble mêlée aux faits, Jack Bauer, engagé aujourd’hui à la Défense, accompagne le ministre à Los Angeles…

Si la série 24 Heures Chrono n’a jamais lésiné sur l’hémoglobine, la violence ou la torture, c’est plus que jamais  l’increvable Jack Bauer qui se retrouve le plus souvent en porte-à-faux avec l’éthique dans cette saison 4. Dans la saison 2, ce héros feintait l’assassinat de la famille d’un jihadiste, pour le forcer à avouer la localisation de la bombe. Dans la troisième, il devait tuer son supérieur Ryan Chappelle pour éviter un drame bactériologique. Devant quitter son veston de bureaucrate et faire à nouveau le coup de feu, il revient plus féroce encore. Comme auparavant, le temps joue contre lui. D’où ses méthodes borderline et un rythme que les réalisateurs de la série s’échinent à dynamiter, offrant des situations toujours plus cauchemardesques. Condition sine qua non pour rendre à l’écran la vie d’un agent du contre-terrorisme aussi pimentée que celle d’un espion basé à l’étranger ? Volonté des auteurs de vouloir dépasser ce qu’ils ont fait dans les saisons précédentes ? En tout cas, d’un point de vue formel, 24 semble être une transfiguration télévisuelle des action movies hollywoodiens. Avec en sus leur violence et l’audace des meilleurs. 

Que la jambe d’un prisonnier peu loquace fasse les frais de sa gâchette facile, passe encore. Mais Bauer tarde ensuite à secourir un innocent pour pouvoir atteindre une base terroriste. Pire, il choisira la mort du mari de son amante, contre la survie d’un témoin détenant une information très importante ! Pragmatique sans être cynique, efficace tout en évitant de donner prise à ses sentiments, Bauer semble se déshumaniser au fil des saisons. Il agit presque tête baissée, même une fois sa belle libérée. Le fait de se faire passer pour un traître dans la saison 3 était osé. Mais braquer un commerce pour y retenir un terroriste est aussi risqué. Il franchit plus que jamais la frontière censée séparer l’agent fédéral qu’il est de ses adversaires.

Pas de droits pour les ennemis du droit !

La direction de la CTU n’est pas en reste, l’inflexible Driscoll étant prête à employer tous les moyens nécessaires pour faire parler le propre fils du ministre de la Défense ! Avec elle et Bauer, l’adage selon lequel on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs prend toute sa dimension. Ces épisodes semblent crier "Vous êtes avec nous ou contre nous !" à la face du spectateur tel le président Bush délivrant un de ses belliqueux discours de l’État de l’Union. On est loin de l’esprit irriguant la saison 2, qui esquivait le manichéisme "made in Fox News". Derrière le fondamentalisme oriental, pointaient le mercenariat occidental, la NSA et quelques cols blancs peu scrupuleux préférant les actions boursières au sens des responsabilités. Le tout sur fond d’évocation de la guerre d’Irak qui commençait.

Désormais, c’est une Amérique vindicative, au garde à vous devant l’actuelle administration Bush, qui semble s’exprimer et égratigner ses contempteurs. Une pique à Amnesty International, dite Amnesty Global, qui par droit-de-l'hommisme gauchisant libère de la CTU un méchant clef. Une autre contre l’incompétent vice-président Charles Logan promu à la Maison Blanche, lâche sans conviction affirmée, à l’opposé de ce que doit être un "bon républicain". Une attaque contre Richard Heller, fiston du ministre, idéaliste "à la Michael Moore" selon son père, qui s’obstine à mentir pour cacher son homosexualité. Une Amérique en conspue clairement une autre, moquant le camp de la paix via la figure du fils couard et gay qui ne s’assume pas, dont le père autorise la torture sans hésitation, ni remord. 

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