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[Title] => Mobisodes ? Votre série à l’appareil...
[ShortText] => Ils durent une à trois minutes, se visionnent sur les téléphones portables, et ne se comprennent qu’en série. Si vous ne les connaissez pas encore, ils s’apprêtent pourtant à devenir dans un avenir proche vos petites pastilles d’adrénaline quotidienne. Les "mobisodes" sont en marche...
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À l’heure où la Télévision mobile personnelle (TMP) représente un enjeu majeur dans la course à la mutation des supports de diffusion, une brèche est entrain de s’aménager pour les séries. News à la demande, jeux vidéo, clips musicaux… Grâce au développement de la troisième génération des services de téléphonie mobile (3G), nos vieux récepteurs acoustiques sont devenus, en se nomadisant, des outils individuels d’ouverture et d’échange. Et un nouvel eldorado pour les opérateurs, les fournisseurs de contenus et les annonceurs publicitaires qui se sont mis à voir grand et penser petit. A l’aube de ce mass media inédit, chacun cherche à stimuler la consommation sur mobile grâce à des produits d’appel spécialement formatés. La recette : importer sur les petits écrans ce qui cartonne sur les plus grands. Et allier les savoir-faire. C’est ainsi que naquit le mobisode, avatar dernière génération de la série télévisée.
Alors serons-nous tous bientôt accrocs à des minis héros admirés du creux de nos mains ? On y est presque. Les mastodontes 24 heures chrono et Prison Break ont déjà connu une déclinaison version poche. Aux quatre coins du monde fleurissent des approches mobisodesques de séries à succès. Mais presque seulement. A la différence des mouvements spontanés et protéiformes de création de films courts, initiés par les utilisateurs de portables eux-mêmes, l’ère des mobisodes est encore à venir.
Conçus puis commercialisés par la Fox, les premiers « sodes » émergent aux USA en 2004, et empruntent à un genre propice à la fidélisation, le soap opera. Deux shows test sont développés conjointement : Hotel Sunset, d’après une production classique. Et Love and Hate, tournée sans script, au gré de l’improvisation des acteurs. 26 épisodes qui n’ont pas marqué les mémoires et qui furent finalement peu vus. Mais le genre avait trouvé ses repères : autant d’opus qu’une saison de série classique, un format de une à trois minutes, un budget restreint et des codes de construction transposés : du générique, au next on, en passant par un pré-générique, des cliffhangers, un épisode de making of… Quant à leur mode de diffusion, il fit aussi cas d’école : les premiers épisodes furent mis à disposition gratuitement sur les mobiles, alors que la suite pouvait faire l’objet d’un forfait, ou d’une tarification à l’unité (1 euro) auxquels s’ajoutait le coût de connexion. Il ne restait plus à la Fox qu’à conclure une alliance avec un grand réseau de communication (Verizon Wireless) comprenant un opérateur de téléphonie de dimension internationale (Vodafone), pour s’ouvrir les portes du monde, et partir à la conquête de ce nouveau marché.
The Conspiracy, stéréotype de 24
La pionnière des séries nouvelle génération se devait de frapper fort. Pour s’assurer l’intérêt de son public, la Fox choisit une valeur sûre, un concept efficace doublé d’une marque connue, et imagina une dérivée à 24, son programme phare. 24 : The Conspiracy fut diffusée sur la lancée du season premiere de la saison 4, début 2005 au Royaume-Uni, puis aux États-Unis et dans 23 autres pays. En France, c’est SFR qui proposa à ses abonnés ces 24 épisodes d’une minute extraite d’une seule et même journée. À l’image de cet ersatz de temps réel, la mobisérie avait peu à voir avec son illustre aînée. Autres personnages, autre décor, autre intrigue. A Washington, deux agents de la CTU se voyaient confrontés à un complot au sommet de l’Etat. En cherchant à neutraliser Susan Walker (Beverley Bryant), un agent double ayant assassiné de sang froid un membre du département de la Défense, Martin Kail (Dylan Brice), son ancien partenaire et ex petit ami découvrait qu’une conspiration avait été initiée au plus haut niveau de la CAT. A défaut de génie, la trame eut pu être efficace. Pourtant, dès la fin du générique, l’enthousiasme retombe : action réduite à la violence (un mort tous les deux épisodes), dialogues sans âme, tricheries narratives : dans The Conspiracy tout n’est qu’économie de moyens et de temps. Aller à l’essentiel se réduit alors à exhiber un maximum d’effets pour un minimum de scénario en multipliant les twists scénaristiques, et en s’appuyant sur un montage alternant cut zooms et plan serrés. Hypnotique puis vite épuisant.
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Alors serons-nous tous bientôt accrocs à des minis héros admirés du creux de nos mains ? On y est presque. Les mastodontes 24 heures chrono et Prison Break ont déjà connu une déclinaison version poche. Aux quatre coins du monde fleurissent des approches mobisodesques de séries à succès. Mais presque seulement. A la différence des mouvements spontanés et protéiformes de création de films courts, initiés par les utilisateurs de portables eux-mêmes, l’ère des mobisodes est encore à venir.
Conçus puis commercialisés par la Fox, les premiers « sodes » émergent aux USA en 2004, et empruntent à un genre propice à la fidélisation, le soap opera. Deux shows test sont développés conjointement : Hotel Sunset, d’après une production classique. Et Love and Hate, tournée sans script, au gré de l’improvisation des acteurs. 26 épisodes qui n’ont pas marqué les mémoires et qui furent finalement peu vus. Mais le genre avait trouvé ses repères : autant d’opus qu’une saison de série classique, un format de une à trois minutes, un budget restreint et des codes de construction transposés : du générique, au next on, en passant par un pré-générique, des cliffhangers, un épisode de making of… Quant à leur mode de diffusion, il fit aussi cas d’école : les premiers épisodes furent mis à disposition gratuitement sur les mobiles, alors que la suite pouvait faire l’objet d’un forfait, ou d’une tarification à l’unité (1 euro) auxquels s’ajoutait le coût de connexion. Il ne restait plus à la Fox qu’à conclure une alliance avec un grand réseau de communication (Verizon Wireless) comprenant un opérateur de téléphonie de dimension internationale (Vodafone), pour s’ouvrir les portes du monde, et partir à la conquête de ce nouveau marché.
The Conspiracy, stéréotype de 24
La pionnière des séries nouvelle génération se devait de frapper fort. Pour s’assurer l’intérêt de son public, la Fox choisit une valeur sûre, un concept efficace doublé d’une marque connue, et imagina une dérivée à 24, son programme phare. 24 : The Conspiracy fut diffusée sur la lancée du season premiere de la saison 4, début 2005 au Royaume-Uni, puis aux États-Unis et dans 23 autres pays. En France, c’est SFR qui proposa à ses abonnés ces 24 épisodes d’une minute extraite d’une seule et même journée. À l’image de cet ersatz de temps réel, la mobisérie avait peu à voir avec son illustre aînée. Autres personnages, autre décor, autre intrigue. A Washington, deux agents de la CTU se voyaient confrontés à un complot au sommet de l’Etat. En cherchant à neutraliser Susan Walker (Beverley Bryant), un agent double ayant assassiné de sang froid un membre du département de la Défense, Martin Kail (Dylan Brice), son ancien partenaire et ex petit ami découvrait qu’une conspiration avait été initiée au plus haut niveau de la CAT. A défaut de génie, la trame eut pu être efficace. Pourtant, dès la fin du générique, l’enthousiasme retombe : action réduite à la violence (un mort tous les deux épisodes), dialogues sans âme, tricheries narratives : dans The Conspiracy tout n’est qu’économie de moyens et de temps. Aller à l’essentiel se réduit alors à exhiber un maximum d’effets pour un minimum de scénario en multipliant les twists scénaristiques, et en s’appuyant sur un montage alternant cut zooms et plan serrés. Hypnotique puis vite épuisant.
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Si l’impact d’une série repose sur son pouvoir de projection et d’identification, et sur le dialogue établi entre le téléspectateur et les personnages, sur téléphone portable l’équation n’est pas si simple. Soumise à des contraintes techniques, de la taille de l’écran, à la vitesse de téléchargement, en passant par le potentiel de la batterie (un seul mobisode requiert 10 % de la batterie pour téléchargement et visionnage), et à de nouvelles exigences de consommation (mobilité, rapidité, immédiateté), la formule nécessite une écriture spécifique. A l’image du néologisme dont il porte le nom, le mobisode a vocation à être une contraction. Contraction dans le réel, où le spectateur, le nez collé sur un minuscule écran doit être en mesure de savourer seul, et à tout instant, son épisode, sans limite spatio-temporelle. Et contraction de la matière fictionnelle qui, pour servir cette liberté se doit d’en adopter les contraintes : restreindre le nombre des personnages, rétrécir le cadre, se focaliser sur les détails, cantonner l’intrigue à ses acmés… Comme la sitcom, ou le programme court qui ont inventé leurs propres ressorts dramatiques, le mobisode doit s’affranchir des codes du drama classique. Pour l’instant, il en a repris toutes les techniques formelles sans y trouver son âme. Et traverse une phase de calibrage.
Prison Break : Proof of…non-sense
Après ce premier essai qui fit couler beaucoup d’encre à défaut de séduire les mobinautes, la Fox et Verizon poursuivirent leurs efforts avec une seconde salve de sodes inspirée d’une autre série à succès du network : Prison Break. Cette fois encore, les dirigeants de la 20th Century misaient sur l’action et la tension dramatique pour susciter l’addiction des spectateurs, mais à travers une intrigue plus incarnée, des épisodes plus longs, et une filiation avec la série souche plus marquée. En plus d’être tournée dans les mêmes décors, dont la prison de Joliet, Proof of Innocence reprend un arc déjà esquissé. On y découvre qu’après l’assassinat de sa mère, LJ a envoyé la photo prise sur son téléphone portable à son amie Amber Mc Call (Mandell Maughan). Mais en essayant de le disculper, celle-ci va à son tour mette sa vie en danger, et celle de son frère, enfermé lui aussi à Fox River. Le modèle économique, plus abouti, inclut par ailleurs un troisième protagoniste, Toyota, dont le site internet proposera les sodes gratuitement un mois après l’accessibilité sur les mobiles. Grâce à ce sponsor, la Fox s’assure de plus gros revenus, conjugués à un nouvel outil de diffusion. Mais la mobisérie souffre cruellement de ce compromis. Produite par Eric Young, qui avait déjà commis The Conspiracy, elle ne supporte pas la comparaison avec Prison Break dont elle ne fait que reprendre les grosses ficelles. Et comme si la vacuité du scénario ne suffisait pas à effrayer les fans de la première heure, Proof est saturée de messages publicitaires... Mise au service de la promotion de la Yaris, chacune des deux minutes de la série s’ouvre sur un billboard de dix secondes présentant l’une des huit saynètes de la campagne. Et fait l’objet de placement de produits à tout va, qu’il s’agisse de voitures ou… de téléphones portables !
Les Lost : Video Diaries manquent à l’appel
Si la qualité artistique n’est pas au rendez-vous, difficile de monter un coup marketing pour trouver écoute auprès de la cible hautement prisée des technophiles de 15-35 ans. Depuis cette seconde désillusion, les mobisodes n’ont pas connu l’éclosion que leur enjeu laissait présager. Faut-il y voir une conséquence ? Depuis plus d’un an, les responsables de la chaîne ABC annoncent l’arrivée d’une dérivée version mobile de Lost. 22 épisodes de 2 minutes devaient permettre de suivre les autres survivants du crash du vol Oceanic 815 grâce à un caméscope découvert par Hurley (Jorge Garcia) et utilisé pour enregistrer les événements vécus sur l’île. Prévue pour faire partie intégrante de la mythologie de la série, Lost : Video Diaries devait elle aussi être supervisée par Damon Lindelof et Carlton Cruse, tournée à Hawaï, et mélanger personnages installés et casting supplémentaire. Un projet qui semble avoir trop attendu pour voir le jour.
De son côté, la Fox a persévéré avec The Simple Life : Interns, 26 mobisodes sur le picaresque périple de Paris (Hilton) et Nicole (Richie), le long de la côte est. Des déboires suivis chaque semaine par 11,2 millions d’abonnés… ayant souscrit un pack de contenus plus large.
Mais c’est au Royaume-Uni qu’est née l’initiative la plus prometteuse. En 2006, la vénérable BBC a décidé de promouvoir la nouvelle saison de la série SF Doctor Who en proposant à ses fans des mobisodes… préquels, dont l’action se situait avant chacun des épisodes. Ces Tardisodes (du nom de la célèbre machine à voyager dans le temps), faisaient chaque samedi office de teasers, pour annoncer l’intrigue de la semaine suivante. Conçus et produits par les mêmes équipes que la série, ils reprenaient des scènes non utilisées dans le montage final et encourageaient l’interactivité des téléspectateurs. D’une durée d’une minute, ils permettaient d’explorer le vortex avant l’arrivée du Dr Who et de découvrir en exclusivité les phénomènes qu’il allait rencontrer. Disponibles simultanément en gratuit sur le site de la BBC et en payant sur les téléphones mobiles, ils signèrent la victoire du web avec 2,6 millions de téléchargements en 13 semaines de diffusion, contre seulement 40 000 sur les portables, soit 3 000 par semaine.
La concurrence féconde des Webisodes
Pour l’instant, les diffuseurs audiovisuels ont mis de côté les mobiles pour se concentrer sur l’internet. Et abandonné les spin-off artificiels au profit de contenus à valeur ajoutée pour leurs programmes. Grâce aux Webisodes de Resistance, la dérivée de Battlestar Galactica, Sci Fi a atteint en sept jours l’équivalent d’un mois de connexions sur son site, générant un trafic de 1,2 millions de spectateurs dès la semaine de lancement. Destinés à faire patienter les fans en attendant la saison 3, ces dix épisodes de trois minutes se déroulent après le final de la saison 2, et relatent la vie sur New Caprica sous l’occupation des Cyclons. Plus denses et plus subtiles que les premiers mobisodes, ils dialoguent avec la série mère et constituent un nouvel exemple d’œuvre originale.
Quant à la série Heroes, qui remporte actuellement tous les suffrages sur NBC, chacun de ses épisodes s’enrichit d’un webisode, mais d’une nature inédite : chaque semaine, un graphic novel (bande dessinée originaire du nord des USA) dévoile sur le site de la chaîne une aventure propre à l’un des personnages et révèle des secrets sur la mythologie. Sponsorisées par Nissan, ces BD virtuelles, téléchargeables en PDF, constituent pour NBC une combinaison gagnante, aussi bien artistiquement qu’économiquement, puisqu’elles attisent la curiosité des fans, tout en valorisant l’image et le portefeuille de la chaîne.
Mais les mobisodes n’ont pas dit leur dernier mot. Pour preuve, la prestigieuse HBO et Galan Entertainment projettent de produire une mobisérie comique de 90 à 120 secondes destinée à la communauté latina. Intitulée La Traductora elle devrait traiter de l’intégration des immigrés hispaniques au pays de l’Oncle Sam en suivant le quotidien d'une mère espagnole et de sa fille. Un cocktail qui promet un vrai défi éditorial et redonne l’espoir d’une alchimie réussie…
Des 'sodes en toute gratuité…
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