Par Guillaume Regourd

Pendant que les networks s’accordaient une pause pour préparer leur rentrée, les chaînes du câble n’ont pas chômé. Bilan de ces deux mois de juillet-août inhabituellement riches en séries.

Les grandes vacances aux Etats-Unis, il ne faut pas trop compter sur les networks américains pour proposer des séries inédites. Après le marathon de la saison précédente et avant le 100 mètres à courir au mois de septembre pour lancer sur de bons rails l’exercice 2007-2008, les poids lourds de la télé américaine éprouvent le besoin de souffler un peu côté productions ambitieuses.

Rediffusions, jeux et programmes de télé-réalité se partagent alors l’antenne. Seule exception notable, la diffusion par ABC de Masters of science-fiction, une anthologie créée sur le modèle de Masters of Horror rendant cette fois hommage à des grands noms de la littérature SF. Un événement pour les amateurs du genre, surtout qu’au générique on retrouve des auteurs tels que Robert A. Heinlein ou Harlan Ellison. Côté réalisation, le choix est celui de l’économie avec des décors uniques et des castings ramassés tournant essentiellement autour d’une paire d’acteurs vedettes (Anne Heche-Malcolm McDowell, Judy Davis-Sam Waterston). Malheureusement ABC, qui conservait ses six épisodes dans ses cartons depuis un an, a surtout donné l’impression de s’en débarrasser en la diffusant à cette période sans en faire grande publicité et en supprimant au passage deux segments.

Non, pour espérer du neuf dans des conditions honorables, c’est résolument du côté du câble qu’il fallait se tourner. Et on peut dire que les téléspectateurs américains ont été servis. Les chaînes de l’offre basique (financée par la publicité et équipant deux tiers des foyers américains) profitent en effet traditionnellement de la pause de leurs trop puissantes rivales du hertzien pour glisser des créations inédites. Mais de là à en attendre autant. Trois rien que pour TNT par exemple. La chaîne qui se plaît à clamer à tout bout de champ qu’elle est un acteur qui compte dans le monde des séries (son slogan est « We know drama ») dispose il est vrai d’un atout qu’elle dégaine chaque année au moment des grandes vacances : The Closer. Ce polar est la série originale la plus regardée du câble et a encore battu des records cet été avec une moyenne autour de 7 millions de téléspectateurs. Encouragée à oser, TNT a donc mis à l’antenne une mini-série, The Company. Adaptée d’un roman de Robert Littell, cette fresque d’espionnage relate les déboires d'agents de la CIA lancés dans la traque aux agents doubles pendant toute la durée de la guerre froide. Reconstitution luxueuse, casting trois étoiles (dont Michael Keaton), on est dans la fiction estampillée « de prestige », pro et calibrée pour la course aux récompenses. Et accessoirement achetée par Canal Plus.