KiosqueArchivesForum
Acteurs
Envoyer cet article à un ami
Bill Cosby (États-unis) :
12/07/1937

"Mister Smile"

Comme beaucoup d’acteurs de sa génération, Bill Cosby ne se destine pas à devenir comédien. La profession lui tombe dessus un peu par hasard. Des rencontres déterminantes en font le premier noir de l’histoire télévisuelle à briser les chaînes du préjugé racial, à l’instar de Sidney Poitier (avec qui il collabore par la suite dans "Uptown Saturday Night", en 1974) sur grand écran. Son sourire légendaire apparaît, alors, comme une défense contre l’injustice sociale entre noirs et blancs qui sévit aux Etats-Unis, dans les années 70.
De son vrai nom, William Henry Cosby Junior, Bill naît à l’été 1937 à Philadelphie, en Pennsylvanie. Issu d’une famille modeste, il grandit dans une banlieue défavorisée et le sport devient rapidement le seul moyen d’élévation sociale. Il s’engage, alors, dans la marine, non par vocation mais afin d’obtenir l’habituelle bourse de l’armée, ce qui lui permet de poursuivre des études secondaires. Une fois ses obligations envers l’État remplies, le jeune Bill accumule les jobs d’étudiants tout en suivant des cours par correspondance pour devenir professeur de sport. C’est alors qu’il est barman, que sa nature joviale et son humour étincelant l’entraînent sur la voie de la comédie. Les clients l’encouragent à se lancer dans une carrière d’acteur tant son jeu naturel les bluffe.
Ce grand homme, bien bâti, au visage rieur, à l’œil pétillant et au sourire communicatif, s’attire les faveurs de ceux qu’il croise. Alors qu’il franchit le cap et commence à fréquenter les cabarets du coin (passage obligé pour les comiques), son show attire l’œil de Carl Reiner, l’un des plus influents réalisateurs et producteurs de l’époque. Père, entre autres, du célèbre The Dick Van Dyke Show qui, malgré un faible succès en France, remporte pas moins de cinq Emmy Awards dans les années 60. Par ailleurs, il porte également les casquettes de scénariste et d’acteur. On lui doit l’écriture de la série Caesar’s Hour, un autre show connu des années 50, et parmi sa longue carrière d’acteur (60 films à son actif), retenons sa récente prestation dans Ocean’s Twelve, où il est Saul Bloom). Cette rencontre majeure permet à Bill Cosby d’entrer dans le panthéon sacré de la télévision. 

Des débuts sous influence 

Mister Smiledoit se faire une place. Il participe, alors, à quelques showsstandard comme celui de Ed Sullivan ou de Johnny Carson. Il n’est pas simple pour un acteur de s’émanciper, mais cela l’est encore davantage, à l’époque, pour un Afro-Américain. Ce sont là les années du combat pour les droits civique (1960-70), pour l’égalité raciale des citoyens américains, mené de front par deux figures historiques, Martin Luther King et de façon moins pacifique mais tout aussi passionnée, Malcolm X. De cette période, Bill garde une humeur et une fierté. D’ailleurs, il reprend à son compte des anecdotes qu’il se délecte à raconter avec humour et nostalgie dans le Cosby Show. Avant d’en arriver à cette série qui établit sa renommée internationale, Bill se fait largement connaître et embrasse un certain succès en jouant dans I Spy aux côtés de Robert Culp. Deux espions, un Blanc et un Noir, sillonnent l’Amérique pour résoudre leurs enquêtes. La lutte pour l’égalité des chances et des droits porte ses fruits puisque cette série est la première à mettre en tête d’affiche un acteur noir. L’événement s’inscrit, dés lors, dans les annales de la télévision et offre à l’acteur son premier Emmy Award.
 
Bill Cosby a déjà à cœur l’histoire du peuple afro-américain mais cette récompense le place, désormais, en porte-parole. Ainsi, il s’applique à orienter ses choix pour faire reconnaître les « siens », ouvrir les esprits et faciliter les échanges entre les deux populations. La télévision apparaît tout indiquée. Après avoir créé une première émission fructueuse dans les années 70 (The Bill Cosby Show, où il joue le rôle d’un instituteur), la télévision lui fait confiance à nouveau et en 1984, le Cosby Show peut naître. L’acteur-réalisateur joue et raconte l’histoire d’une famille habitant dans un quartier résidentiel de Brooklyn, à New York. La femme est avocate, le mari médecin. Pour la première fois sur le petit écran, la réussite sociale des Noirs américains se dessine clairement. 

La consécration en musique 

Le Cosby Show surprend le téléspectateur dès l’épisode pilote et les huit années de diffusion qui suivent fixent une empreinte sociologique indélébile dans l’univers télévisuel (cinq Emmy Awards et trois Golden Globes entre 1985 et 1986). Derrière l’humour, la série éduque. Et cela fonctionne. Il n’y a pas ce ton pompeux et moralisateur, ce dialogue plat, ce scénario répétitif que l’on retrouve généralement dans les séries dites « éducatives ». Derrière l’apparat d’une famille bien sous tous rapports, on découvre des personnages excentriques qui, de manière loufoque mais efficace, enseignent la tolérance, l’amour et d’autres valeurs encore. Bill Cosby y met tout son univers.

Mot de passe oublié ?

RECEVEZ CHEZ VOUS

 

 

Le numéro 17 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, Lost et son personnage clef, livraison et éclairage scénaristique avec Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux showrunners de la série. En bonus : les interviews de Naveen Andrews (Sayid) et Jorge Garcia (Hugo). Pour l’été, la rédaction vous propose un zoom de près de 20 pages sur les X-Files de Chris Carter, et vous offre en prime un entretien avec le maître. Côté dossier : une radiographie conséquente du soap-opera. Egalement au programme de ce double numéro estival : les confessions de Tim Kring, créateur de Heroes qui revient sur l’échec de la saison 2 de sa série comic. Au rayon cahier critiques, Big Love (saison 2), Californication (saison 1), Engrenages (saison 2), mais aussi Meadowlands, Dirt, The L Word, The Office, My name is Earl, et les principales autres sorties de l’été. Enfin, côté Points de Vue : le générique de The L Word, un gros plan en forme de confrontation musicale au sommet entre David Bowie et Mick Jagger, les portraits de Gaïus Baltar (Battlestar Galactica) et Joséphine Karlsson (Engrenages), une séquence de [MI-5], un tour d’horizon de l’Italie et un Ma Série et moi par Emma de Caunes. La rédaction de Générique(s) vous donne rendez-vous pour une nouvelle saison à la mi-septembre.