Succombez à la tentation Magnum
1,93 mètre de charme brut pour le bonheur des ménagères, il est, selon le magazine People en 1998, l’un des 50 plus beaux hommes connus. Encore une de ses « gueules d’amour » qui finit, immanquablement, par se retrouver sur l’écran. Et encore une fois, dans ce métier, tout est affaire de destin. A croire qu’il vient au comédien et non l’inverse et s’impose à lui comme une évidence.
Sa filmographie impressionnante, truffée de seconds rôles et d’apparitions en tous genres, débute en 1969, dans Lancer, une série western, pour ne plus jamais vraiment s’arrêter, hormis une traversée du désert de quelques années. Une trajectoire somme toute classique. Surtout si, comme lui, on incarne pendant plusieurs années le même personnage. L’inconscient collectif accepte mal que ses héros de grandes séries changent de peau.
« Tout cela est magnumesque »
C’est ainsi qu’Higgins, le second personnage pilier de la série, qualifie et taquine l’univers du détective. Magnum voit le jour suite à un concours de circonstances heureuses pour le spectateur. En 1980, Hawaï police d’Etat s’achève et les studios de production de CBS partent en quête de sa remplaçante. La chaîne contacte deux créateurs prometteurs, Glen A. Larson (Battlestar Galactica, K2000, L’homme qui tombe à pic) et Donald P. Bellisario (Code Quantum, JAG, NCIS : enquêtes spéciales). L’idée de départ est de créer un personnage proche de James Bond, macho, coureur de jupons mais surtout infaillible. Tom Selleck n’est pas emballé par la personnalité pleine de clichés. Il souhaite se glisser dans la peau de quelqu’un de plus humain, aux faiblesses visibles et à l’humour plus étincelant. Les créateurs ajoutent à la série au départ dramatique, un soupçon de comédie. Bellisario, notamment, travaille beaucoup sur les nuances apportées au personnage central, en l’habillant d’une âme de garnement espiègle et d’un look décontracté.
Malgré une première saison timide en termes d'audience, la série conquiert finalement un large public, charmé par le personnage campé par Selleck. Celui-ci devient le chouchou de beaucoup de sériphiles dans les années 80 ce qui vaut à Magnum d’être aujourd’hui considéré comme un classique du « huitième art ». Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, l’acteur innove dans son approche du justicier. Magnum dispose d’un capital sympathie au summum, son caractère jovial et léger en fait le porte drapeau d’une génération de flics et détectives « tendance ». A l’instar de Starsky et Hutch, il ouvre une nouvelle voie à la série policière, dépoussiérant ses figures sombres comme Kojak ou Robert Dacier dit « L’Homme de fer ». Par ailleurs, l’action se déroule au cœur de paysages de rêve et procure une sensation de fraîcheur absente de ces séries, majoritairement citadines. Autre point, Magnum est l’une des premières séries a exploré les traumatismes du Vietnam. Thomas replonge durant certains épisodes dans les méandres de son passé et offre, ainsi, une tribune aux naufragés de guerre. Et puis, pour beaucoup, la vie du détective incarne un paradis sur terre. Affublé de sa moustache, désormais célèbre, d’une chemise à fleurs et d’un simple short, le grand brun sillonne l’île au volant de son bolide, fait tomber les filles, dispose d’une liberté quasi outrancière, acquise sans effort, pouvant à loisir se baigner dans des eaux claires ou siroter des cocktails, aux frais du prince Masters.

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