Comme toujours, rien n'est le fruit du hasard. "La Petite maison dans la prairie" (1974-83) et "Les Routes du paradis" (1984-89) sont deux 'uvres envoyées comme deux bouteilles à la mer, deux prières pour les âmes en peine.

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Né à l’automne 1936 dans le Queens, à New York, Eugène Maurice Orowitz de son vrai nom grandit dans un cadre familial modeste, avec la conviction à l’adolescence que le sport est peut-être le seul moyen de s’en sortir, l’unique garantie de réussite sociale, comme c’est souvent le cas dans les classes populaires. Il a de bonnes aptitudes physiques et le mental nécessaire. A l’instar des personnages qu’il incarnera plus tard, c’est déjà quelqu’un de vigoureux. L’adage "Un esprit sain dans un corps sain" pourrait s’appliquer à lui. Il se consacre, donc, très tôt à la perfection d’une discipline, celle du lancer de javelot. Ce sport lui ressemble dans l’idée que l’on peut s’en faire, celle de finition. Le javelot est le prolongement du corps qui s’élance vers l’avant, le regard est porté au loin ou pourrait-on dire vers l’avenir, les yeux fixent l’horizon ainsi que l’on s’accroche à l’espoir et les épaules soutiennent le poids de l’instrument jusqu’au lancer comme elles acceptent la vie. C’est une discipline faite pour ceux qui ont la volonté de porter un fardeau pour ensuite mieux s’en libérer, ceux qui aiment que la vie soit une ligne droite et juste. Le parallèle n’est pas si exagéré et rend compte que le choix d’un sport est d’abord celui d’un état d’esprit et il existe de fines nuances entre chacun d’eux qui traduit le caractère des uns et des autres.

Eugène est persévérant, combatif et possède la personnalité adéquate pour ce sport. Alors, en toute « justice divine », il réussit à obtenir une bourse d’études pour l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Il est en voie pour devenir un sportif de haut niveau. Cela semble tout tracé. Mais un événement tragique s’interpose. Une importante fracture au bras efface des années d’effort à la réalisation du sportif et de l’homme fort qu’il veut être. Eugène en sort marqué à jamais. Non seulement, il ne sera jamais un grand sportif mais son parcours universitaire se stoppe net par la même occasion. La vie réserve sont lot de malchances mais le futur réalisateur préfère y voir une épreuve. C’est là le signe que cette chute n’a pas altéré son état d’esprit, cette façon d’être qui fait qu’il ne verra jamais le verre à moitié vide. Il ne s’agit pas vraiment pour lui de se reconstruire mais plutôt d’accepter cette annonce de Dieu que rien n’est jamais acquis et qu’il faut savoir surmonter les obstacles qui se présentent quels qu’ils soient.

Début de la quête

Il entre, alors, en quête spirituelle, bien décidé à s’affranchir de la vie dans une autre discipline, en continuant à cultiver un mental de champion. Le Septième Art et le petit écran lui ouvrent leurs portes. Il se choisit un pseudonyme et devient Michael Landon. En 1971, la série western Bonanza le fait connaître auprès du grand public qui retient ce visage angélique d’un homme fort et bon. Sa croyance en Dieu et la rigueur de vie qu’il s’est imposé depuis l’adolescence en font un puritain. L’acteur croit au travail bien fait. Tous ces éléments s’emboîtent les uns aux autres et construisent le désir de Michael Landon de transposer à l’écran les valeurs auxquelles il croit, de peindre la vie telle qu’il la voit. Plutôt que d’avoir vécu son rêve de jeune homme, il veut rêver sa vie et la pellicule est le support dont il a besoin pour cela