KiosqueArchivesForum
Drame policier
Envoyer cet article à un ami

New York Police Blues (NYPD Blue)

: États-unis
: 12
: 261
: 1993 - 2005

L’art du minimalisme et des grognements

 

Dans le panthéon des séries policières, il y a assurément un avant et un après New York Police Blues comme il y a eu un avant et un après Hill Street Blues. On peut donc dire qu’il y a un avant et un après Steven Bochco puisque nous lui sommes redevables de ces deux révolutions dans un genre qui est LA grande institution de la série télévisée.
 
Quand New York Police Blues a investit les écrans américains, nous n’en étions pas encore à la grande liberté de ton actuelle qui donne à la moindre série moribonde aujourd’hui un semblant de véracité. Quand le producteur Steven Bochco est arrivé dans les bureaux de la chaîne hertzienne ABC avec son nouveau projet, fort de son précédent succès, la déjà très réaliste Hill Street Blues, il s’engage dans une lutte serrée avec les décideurs. En effet, afin d’obtenir le degré de sérieux nécessaire à son propos (le quotidien d’un commissariat de New York) il va devoir discuter chaque point : à savoir le nombre d’insultes maximum autorisé par épisode et le degré de nudité des personnages (temps de présence des fessiers, des poitrines, etc…) car Bochco ne veut pas non plus faire l’impasse sur ce propos. Une fois ces points débattus ne reste que l’approche esthétique à savoir une caméra en mouvement, proche du documentaire, qui s’attache aux détails et dynamise une situation assez figée.
En effet, New York Police Blues n’est pas à proprement parler une série d’action. Les seuls véritables mouvements dans l’intrigue consistent à se rendre d’une scène de crime aux appartements des suspects et des rues ou squattent les indics aux appartements des inspecteurs. Pour le reste, tout se passe intégralement dans les salles d’interrogatoires du fictif « 15th Precinct » de New York. Et pour cause, la série n’est en rien tournée à New York mais bien intégralement en studio, à Los Angeles. L’extérieur du Precinct en question est celui, réel, qui servit au tournage de Kojak. Tout le reste n’est que décors. Seule une petite équipe (et quelques acteurs occasionnellement) se rendent à la grande pomme de temps à autres pour remettre à jour les stocks shots de rues ou s’offrir « la crédibilité de la rue ». En 12 années de diffusion, la série parvint (par le talent des décorateurs) à donner ce sentiment d’une série très urbaine et new-yorkaise sans jamais quitter la Californie, lors de la dernière saison, les intermèdes new-yorkais ayant même été supprimés pour alléger le budget…
 

Entretiens   1 article(s)

Hermann Joha (1403 mots)

Magazines   1 article(s)

Mot de passe oublié ?

RECEVEZ CHEZ VOUS

 

Le numéro 18 de Générique(s) est en kiosques. En couverture, les femmes de Desperate Housewives, pour un zoom de 17 pages décryptant notre relation d’amour-haine à la série et augmenté des confessions du créateur Marc Cherry et de l’actrice Dana Delany. Le magazine célèbre aussi à sa façon la rentrée littéraire, en explorant dans son dossier les riches liens entre littérature et séries, de The Wire à Dexter. Côté interviews : des rencontres avec le nabab Josh Schwartz (Gossip Girl, Chuck), le casting de Battlestar Galactica et l’équipe de Dirty Sexy Money

Générique(s) décrypte également le phénomène des web-séries, passe Terminator : The Sarah Connor Chronicles « sur le grill », et chronique les sorties DVD de la rentrée (Damages, Charlie Jade, The Riches, etc). Enfin, la partie « Points de vue » revient sur le magnifique générique de Mad Men, dresse le portrait d’Ari Gold, l’électron libre d’Entourage, donne la parole au réalisateur Nicolas Boukhrief pour un « Ma série et moi » grand format, et accueille deux nouvelles rubriques : le « cabinet des curiosités », qui explore l’histoire souterraine des séries télé (Kindred, le clan des maudits est au programme) et « Trajectoire », inaugurée par le réalisateur star Timothy Van Patten, qui nous livre notamment quelques confidences sur The Pacific, la future série événement de Steven Spielberg.