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Drame / Histoire
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Rome (Rome)

: États-unis
: 2
: 22
: 2005 - 2007

Coproduction de prestige associant HBO, la BBC et la Rai, Rome nous plonge dans une période troublée de l'Antiquité romaine, allant du retour de César après sa conquête de la Gaule en 49 avant J.C. (saison 1), jusqu'à l'avènement de son petit-neveu, l'empereur Octave, en 31 avant J.C. (saison 2).

Sous nos yeux, la République agonise pour devenir, dans la trahison et le sang, l'empire le plus étendu qu'ait jamais connu le monde. Sur les champs de bataille, dans les bas-fonds ou les riches demeures patriciennes, les factions, les familles et les ambitions individuelles s'enjôlent, se manipulent et s'affrontent. 
La galerie de portraits archi connus (Jules César, Pompée, Brutus et les conjurés, Cicéron, Marc Antoine et Cléopâtre, etc.) et le foisonnement des faits à traiter auraient tétanisé plus d'un scénariste. Mais les créateurs de Rome y sont allés franchement, dynamitant l'histoire sans pour autant lui être vraiment infidèle. 
Décors et costumes somptueux, crème des comédiens britanniques, personnages complexes, dramaturgie au cordeau : l'œuvre oscille entre soap opera historique et série d'action. Tout y est montré (les meurtres, le sexe, la torture), mais pas forcément expliqué. Les rites et le fonctionnement de la vie politique, religieuse et sociale gardent par exemple un voile de mystère, que le spectateur est invité à décrypter de lui-même. 
Le décalage exotique que cela suscite aboutit à certaines des scènes les plus fortes de Rome : la transe d'Atia (Polly Walker) dans un bain de sang animal, le triomphe de César (Ciarán Hinds) mettant Vercingétorix à mort ou les multiples cérémonies funéraires qui émaillent le récit. Peu importe si l'on ne saisit pas tout dans l'instant, l'intrigue n'en est que plus immersive et prenante, à la manière des chefs d'œuvres de science-fiction. 
Et pourtant, même les téléspectateurs les moins assidus à leurs cours d'histoire connaissent sans doute à l'avance les grandes lignes du scénario et ses morceaux de bravoure, du franchissement du Rubicon au destin tragique d'Antoine et Cléopâtre, en passant par l'assassinat de César.

C'est la force des grands conteurs, et de Bruno Heller en particulier, de donner vie à ces grands épisodes légendaires, en s'affranchissant de la reconstitution figée et en en faisant palpiter la dimension humaine. 
Développée pendant plusieurs années et écrite en collaboration avec John Milius (scénariste de Conan le Barbare, Apocalypse Now ou encore Magnum Force), une référence dans le domaine de l'épique et de la représentation de la violence sur grand écran, ainsi que sous l'œil d'un spécialiste de l'Antiquité, le documentariste Jonathan Stamp, Rome apporte indéniablement un souffle nouveau à la fiction historique. Pensée à l'origine comme une mini-série, c'est la richesse du matériau dramatique et la qualité des scénarios qui a fait basculer le projet vers une fiction ambitieuse au long cours.

A noter aussi la magistrale partition et le générique aux accents orientaux de Jeff Beal (le compositeur de Monk et Carnivàle), qui font parfaitement corps avec le magnétisme des personnages et la noirceur du récit. 
Côté réalisation, la production a fait appel à des valeurs sûres issues du cinéma, comme Michael Apted (Le monde ne suffit pas, Blink, Gorilles dans la brume), ou de la télévision, avec Tim Van Patten, un habitué des séries de qualité, avec à son actif des épisodes de Deadwood, Les Soprano, Sur écoute ou Sex & The City.

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