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Comédie dramatique familiale
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Six Pieds Sous Terre (Six Feet Under)

: États-unis
: 5
: 63
: 2001 - 2005

Par Caroline Veunac

Il y a une vie avant la mort

En chroniquant le quotidien d’une famille de croque-morts, Alan Ball brise un tabou et participe au renouvellement de l’écriture télé, sur le fond comme sur la forme.
Le premier épisode de Six feet Under est diffusé sur HBO le 3 juin 2001, trois mois avant le 11 septembre. Rétrospectivement, il y a quelque chose de troublant dans cette coïncidence : alors que la super-puissance américaine s’apprête sans le savoir à prendre conscience de sa mortalité, une série invite les téléspectateurs à regarder la mort en face. Comme une onde de choc antérieure au séisme, Six Feet Under préfigure le nécessaire passage à l’âge adulte d’une nation encore adolescente, jusque là dominée par l’insouciance consumériste. Pendant cinq saisons, la série donnera ainsi au deuil collectif une résonance intime, en racontant les états d’âme d’une famille de croque-morts dont les différents membres cherchent, après le décès brutal du père, à donner un sens à leur vie. D’une certaine manière, la trajectoire des Fischer reflète l’initiation douloureusement nécessaire du pays tout entier : pour vivre pleinement, il faut apprendre à mourir. 


Que choisit-on d’être ?

Six Feet Under a donc une vertu cathartique, pour ses personnages comme pour ceux qui la regardent. Et même pour son auteur, qui en aurait eu l’idée après la mort de sa propre sœur. Outre cette origine biographique, la série vient s’inscrire de manière cohérente dans la filmographie d’Alan Ball. Après avoir collaboré à plusieurs sitcoms en tant qu’auteur (Une maman formidable, Cybill) et en tant que créateur (Père malgré tout), il accède à la reconnaissance en signant le scénario d’American Beauty, réalisé en 1999 par Sam Mendes. Déjà la famille suburbaine, déjà la crise existentielle, déjà l’urgence de se sentir vraiment vivant avant de disparaître. Si le film vaut un oscar à son auteur, c’est Six Feet Under qui s’impose deux ans plus tard comme l’œuvre de la pleine maturité, somme harmonieuse de savoir-faire télévisuel et d’ambition cinématographique, justement récompensée par une pluie de Golden et d’Emmy awards. 

 

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